AUTEURS A-F

 

 

 Maurice BARDECHE (écrivain, universitaire, biographe et polémiste, 1907-1998) : " Je me suis refusé de considérer Céline comme un homme de droite. J'ai une idée des hommes de droite, d'un idéal de droite, que je ne retrouve pas chez Céline. C'est un nerveux, un homme inconscient de ce qu'il fait : il se conduit comme un irresponsable. Je ne dis pas non plus qu'il est un homme de gauche. Il ne croit pas en l'homme, en la bonté de sa nature, en son rachat ou en sa réconciliation avec lui-même. Céline désespère de l'homme. (...) Ses pamphlets, c'est primaire, ennuyeux, sans nuances. Céline ne comprend rien aux Juifs, ne voit pas qu'il y a toutes sortes de catégories de Juifs, dont il ne donne qu'une image stéréotypée. Des remarques que je trouve justes sur l'empoisonnement de l'âme européenne sont exprimées dans des termes qu'on n'arrive pas à les prendre au sérieux. Ses imprécations contre les Juifs, ses demi-vérités, ses informations de troisième main, ses falsifications talmudiques, tout cela est grotesque.

  Même le style est flou. Je crois qu'il a voulu essayer de représenter le Français moyen, un peu ivrogne, racontant tout ce qui lui passe par la tête. (...) Il s'est cru attaqué dans quelque chose de plus profond que ce que recouvre le mot " celte ". Il s'agissait plutôt, pour lui, d'un génie naturel du terroir français qu'il retrouvait chez les lyriques du XVe siècle, chez Villon, ou Marie de France. (...) Ce lyrisme naturel et paysan, qui s'exprime dans les comptines, les chansons, cette gentillesse du terroir que la spontanéité de Villon lui paraissait représenter assez exactement. "
  (Enquête sur l'Histoire, Entretien, 1987, E. Mazet, Spécial Céline n°7).