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                                                                    SES CRITIQUES

 

 

 

 

              Ereinté par les critiques...

     Gutman il ruisselle d'idées... Voici l'intermédiaire génial... Il a réfléchi... " Tu n'es pas poète des fois, dis donc ? par hasard ?... qu'il me demande à brûle-pourpoint.
 - Tu me prends sans vert... (Je ne m'étais jamais à moi-même posé la question). Poète ? que je dis... Poète ?... Poète comme M. Mallarmé ? Tristan Derème, Valéry, l'Exposition ? Victor Hugo ? Guernesey ? Waterloo ? Les Gorges du Gard ? Saint-Malo ? M. Lifar ?... Comme tout le Frente Popular ? Comme M. Bloch ? Maurice Rostand ? Poète enfin ?...
 - Oui ! Poète enfin !
 - Hum... Hum... C'est bien difficile à répondre... Mais en toute franchise, je ne crois pas... Ça se verrait... La critique me l'aurait dit...
 - Elle a pas dit ça la critique ?...
 - Ah ! Pas du tout !... Elle a dit comme trésor de merde qu'on pouvait pas trouver beaucoup mieux... dans les deux hémisphères, à la ronde... que les gros livres à Ferdinand... Que c'était vraiment que des vrais chiots... " Forcené, raidi, crispé, qu'ils ont écrit tous, dans une très volontaire obstination à créer le scandale verbal... Monsieur Céline nous dégoûte, nous fatigue, sans nous étonner... Un sous-Zola sans essor... Un pauvre imbécile maniaque de la vulgarité gratuite... une grossièreté plate et funèbre... M. Céline est un plagiaire des graffiti d'édicules... rien n'est plus artificiel, plus vain que sa perpétuelle recherche de l'ignoble... même un fou s'en serait lassé...

 M. Céline n'est même pas fou... Cet hystérique est un malin... Il spécule sur toute la niaiserie, la jobardise des esthètes... factice, tordu au possible son style est un écœurement, une perversion, une outrance affligeante et morne. Aucune lueur dans cet égout !... pas la moindre accalmie... la moindre fleurette poétique... Il faut être un snob " tout en bronze " pour résister à deux pages de cette lecture forcenée... Il faut plaindre de tout cœur, les malheureux courriéristes obligés (le devoir professionnel !) de parcourir, avec quelle peine ! de telles étendues d'ordures !...
 Lecteurs ! Lecteurs !... Gardez-vous bien d'acheter un seul livre de ce cochon ! Vous êtes prévenus ! Vous auriez tout à regretter ! Votre argent ! Votre temps !... et puis un extraordinaire dégoût, définitif peut-être, pour toute la littérature !...

 Acheter un livre de M. Céline au moment où tant de nos auteurs, de grands, nerveux et loyaux talents, honneur de notre langue (la plus belle de toutes) pleinement en possession de leur plus belle maîtrise, surabondamment doués, se morfondent, souffrent de la cruelle mévente ! (Ils en savent quelque chose.) Ce serait commettre une bien vilaine action, encourager le plus terne, le plus dégradant des " snobismes ", la " Célinomanie ", le culte des ordures plates... Ce serait poignarder dans un moment si grave pour tous nos Arts, nos Belles-Lettres Françaises ! (les plus belles de toutes !) "
 - Ils ont dit tout ça les critiques ? Je n'avais pas tout lu, je ne reçois pas L'Argus. Ah ! Mais dis donc ils se régalent ! Ils sont pas Juifs ? Qui c'est tes critiques ?...
 - Mais la fine fleur de la critique !... Tous les grands critiques français !... Ceux qui se décernent les Grands Prix !...
 " Monsieur, vous êtes un grand critique "... " Un jeune critique de grand talent !... "

  Ce sont des cons ! Tous des sales cons, des Juifs ! Tous des ratés ! des suçons ! des outres ! ils ont chacun tué sous eux, au moins quinze ouvrages... Ils se vengent... Ils crèvent... Ils dépitent... Pustulents !...
 - Ah ! Si j'étais camelot du roi... ventriloque... stalinien... Célineman rabineux... comme ils me trouveraient aimable... Si je rinçais tout simplement... table, zinc ouverts... Les critiques se sont toujours inévitablement gourés... leur élément c'est l'Erreur... Ils n'ont jamais fait autre chose dans le cours des temps historiques : se gourer... Par connerie ? Par jalousie ?... Les deux seuls plateaux de ces juges.
 (Bagatelles pour un massacre, Ed. 8, Ecrits polémiques, août 2017, p.22).