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MISES AU POINT

 

 

 

COMMENT EST-IL RENTRÉ A LA FONDATION ROCKEFELLER ET AVEC QUELLE ÉQUIPE ?

  A défaut d'autres témoignages que ceux, tardifs, apportés par Céline, nous en sommes réduits à supposer qu'il fut employé comme " homme à tout faire " par Laffite, " grouillot " au service d'Euréka voire de La Sirène, ce qui expliquerait également le début de ses relations avec Blaise Cendrars et Abel Gance. Sans doute lia-t-il dès cette époque amitié avec Graffigny, qui, quoique appartenant à la génération de ses parents, a pu le fasciner par ses innombrables anecdotes et son goût pour l'électricité et l'aérostation ; la lecture des lettres de jeunesse, récemment parues, nous montrent en effet le petit Louis féru de ces domaines techniques.
  Quoiqu'il en soit, la collaboration de Destouches aux entreprises littéraires de Laffite ne dura guère plus de cinq mois : en décembre 1917, il embarquait son camarade de convalescence Albert Milon dans une nouvelle aventure : la mission Rockefeller de lutte contre la tuberculose...

  " En fait, il n'avait pas du tout été engagé, il avait simplement volé l'ordre de mission sur le bureau d'un personnage important. Cet homme important avait une chaire professorale et dirigeait l'Ecole polytechnique. Céline était venu le trouver pour lui demander de faire des recherches et de se prononcer sur une invention qu'un de ses amis avait faite. L'ami était un des protagonistes de Mort à crédit, Courtial des Pereires, et son invention une machine à contrôler les votes durant les élections.
  Le directeur-professeur ayant eu à faire dans un autre bureau, Céline avait remarqué sur sa table une lettre de la Fondation Rockefeller, qui demandait à l'éminent personnage de bien vouloir aider à trouver des gens susceptibles de mener à bien la campagne contre la tuberculose.
   Céline avait lu le papier sur la table, c'est à dire " à l'envers ", puis l'avait subtilisé. Il se présenta de la part du grand homme avec son compagnon, un ancien garçon de café nommé Millon, chez les Américains. Ils montrèrent les documents et obtinrent le travail. " (Ole Vinding, Au bout de la nuit, p.39-40)

   Cette anecdote tardive de Céline prend toute sa saveur et un peu plus de véracité quand on découvre dans Euréka les résultats du concours d'invention du compte-votes pour la chambre des députés, dirigé par l'ingénieur Maurice Leblanc, et remporté par P. Savary et le capitaine Rouillard, dont les brevets devaient être déposés en janvier 1918. (Euréka n° 8, janvier 1918, p. 20-21).
  Si ces circonstances sont exactes, dès décembre 1917, Louis Destouches aurait rejoint la mission Rockefeller sur les routes de l'Eure-et-Loir, de Chartres à Chateaudun, puis sur celles de Bretagne, à commencer par Rennes en mars 1918. Graffigny ne tarda pas à les rattraper : Euréka ne survécut pas à son seizième numéro en janvier 1919. Les registres de la Fondation Rockefeller l'identifie sous son nom d'état civil " Henri Marquis ", marionnettiste-scénariste.
 
    L'équipe de propagande anti-tuberculose n° 2 dirigée sur la Bretagne en mars 1918 était composée d'une directrice américaine et de quatre employés français : un conférencier, Louis Destouches, une conférencière, Mlle Vilain, un délégué courrier chargé d'annoncer le passage de la Mission et d'en régler l'organisation avec les Municipalités, Albert Milon, et un mécanicien opérateur, sans doute Henry de Graffigny, en charge comme il se devait du

  " camion automobile, contenant un générateur électrique et un appareil complet de projections cinématographiques, ce qui permettait de donner des séances illustrées de cinéma même dans les petits villages où l'électricité n'existait pas.
   Le camion transportait cinq personnes formant l'équipe, le matériel de projection, les films cinématographiques, une exposition complète de 42 panneaux, ainsi qu'un stock de brochures, tracts, cartes postales et affiches, pour distribution. " (Alexandre Bruno, Contre la tuberculose, la mission Rockefeller en France et l'effort français, 1925, p. 137).
  (L'Année Céline 2009, Du Lérot éditeur, Les Usines Réunies, 14 juillet 2010).