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MISES AU POINT

 

 

 

 


    TRAGIQUE FIN DU COMTE FOLKE BERNADOTTE, CELUI QUI AIDA CELINE ET SAUVA DES MILLIERS DE JUIFS...

 Citoyen suédois, fils du prince Oscar Bernadotte, descendant direct du béarnais Baptiste Bernadotte, cet officier de cavalerie épousa Estelle Manville, franco-américaine, consacra sa vie à des activités caritatives et présida la Croix Rouge du Danemark.
 Céline évoque souvent le comte Bernadotte dans sa correspondance et le fait apparaître dans la trilogie allemande.

  " C'est le train de la Croix-Rouge suédoise, il remonte en Suède par Flensburg... bien sûr y a des amateurs !... [...] mais il semble déjà plus que plein... [...] les enfants suédois et leurs mères qu'on rapatrie, qu'étaient en Allemagne... " (Rigodon).

 Les époux Destouches, disposant d'autorisations administratives grâce à la filière allemande, étaient cependant confrontés à un problème de transport dans une Allemagne désorganisée. C'est donc dans un train affrété par la Croix-Rouge suédoise qu'ils purent atteindre Copenhague.
  Lucette Destouches ne nous dit rien de précis sur les conditions d'accès à ce convoi. " Je suis tombée sur la voie ferrée, le train s'est alors arrêté, on a bien voulu me prendre ". (Céline secret). Il est vraisemblable que la double qualité de médecin et d'ancien combattant de Céline lui a permis de monter in extremis dans un compartiment. Céline a également pu se recommander auprès de Bernadotte de son passé à la Société des Nations, comme de ses relations avec l'épouse du docteur Bécart, avec laquelle le Suédois, de souche française, était lointain parent.

 " Notre Croix-Rouge, le nôtre, fut bath... ".

 Céline remercia Bernadotte dès son arrivée au Danemark. Dans Rigodon, la scène se situe un matin dans l'entrée de l'Hôtel d'Angleterre :

 " Drôle à cette heure-ci, si tôt, un genre d'officier suédois... en kaki. Il vient d'arriver de Berlin... Un homme dans la quarantaine... pas défraîchi, ni poussiéreux, même en belle tenue et bien rasé !... Comte Bernadotte ! Croix-Rouge !... Il remonte de Potsdam voir Hitler !...
 J'en demande pas tant !... j'ai rien demandé... que peut nous foutre ?... il remonte en Suède ? "

 On ne sait si en mars 1945 Bernadotte revenait de Potsdam où il aurait rencontré Hitler, mais dès la mi-février, il avait servi d'intermédiaire en Suède entre les dirigeants du Congrès juif mondial et le docteur Kersten, représentant d'Himmler, pour obtenir la libération d'un certain nombre de Juifs. Le 12 avril, il se rendra à Hohenlychen et obtiendra de Kersten la promesse que plus aucun Juif ne sera exécuté. Le 21, Bernadotte rencontrera encore le général Walter Schelleberg, autre envoyé d'Himmler, et obtiendra l'évacuation des internés norvégiens et danois. Le 23, Himmler tentera en vain de négocier par son intermédiaire une paix séparée avec les forces américaines, mais le même jour les premiers chars soviétiques entraient dans Berlin. Bernadotte hébergera chez lui le général Schelleberg.

  Nommé en mai 1948 médiateur de l'O.N.U. en Palestine, Bernadotte fut assassiné le 17 septembre dans le secteur israélien de Jérusalem par Yehoshua Cohen, fondateur du kibboutz S. de Boker, et confident de Ben Gourion, sans aucune considération pour le sauvetage, par trains entiers, des juifs arrachés in extremis à la barbarie nazie. Yitzhak Shamir, qui fut depuis Premier ministre d'Israël, commandita cet assassinat, car il considérait Bernadotte comme trop " pro-arabe ". A plusieurs reprises, Céline fera allusion à cette fin tragique.
  (Eric Mazet, Pierre Pécastaing, Images d'exil, Du Lérot, 2004).