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                François-Marie BANIER

 François-Marie Banier n'aime pas que l'on évoque son " affection pour les vieilles dames ". Selon nos informations, le principal protagoniste de l'affaire Bettencourt a assigné ce mercredi en diffamation les éditions Taillandier pour avoir publié cette expression dans une récente biographie de l'épouse de Louis-Ferdinand Céline. Au cœur de sa plainte, en effet, un passage de Madame Céline, le livre consacré par David Alliot à Lucette Destouches, la veuve de l'auteur de Voyage au bout de la nuit. Il y est raconté qu'en 1996, Lucette Destouches, 84 ans à l'époque, songeait à vendre sa grande maison de Meudon en viager. Une maison mythique dans laquelle l'écrivain avait écrit ses derniers romans, avant de s'éteindre, en 1961.
 Selon David Alliot, c'est Angelo Rinaldi, ancien critique littéraire talentueux de L'Express, qui aurait présenté son ami François-Marie Banier, " dont l'affection pour les vieilles dames n'est plus à démontrer ", à madame Destouches. Finalement, la transaction ne se serait pas faite, l'avocat de l'octogénaire coupant court à ce projet de viager.
 
 " Ce Banier était précieux, excessif, outrancier. "
 
 Dans son assignation, Me Merlet, l'avocat de François-Marie Banier, estime que ce passage " insinue " que son client " aurait profité d'un manque de lucidité de Lucette Destouches, en référence directe avec l'affaire Bettencourt ". Il réclame donc 10 000 euros de dommages et intérêts et la suppression du passage dans toutes les rééditions de l'ouvrage. Il joint également à sa plainte une (savoureuse) attestation écrite d'Angelo Rinaldi contestant s'être entremis entre son ami et Lucette Destouches, précisant au passage qu'il n'était " pas un agent immobilier travaillant au noir "...
  De son côté, Taillandier fera sans doute valoir que la visite de Banier à Meudon a été évoquée par... Lucette Destouches elle-même. C'était dans un livre de souvenirs paru en février 2017, Lucette Destouches, épouse Céline (Grasset), signé Véronique Robert-Chovin. " Ce Banier était précieux, excessif, outrancier, il y avait quelque chose de faux dans sa façon de parler ", y confiait-elle notamment.
 (L'Express, Jérôme Dupuis, 28 mars 2018).