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INFOLETTRE  

 

       

   

 

CELINE EN PHRASES

 

 

 

 

              ENFIN CELINE VINT...

 

    
     Les colonnes du temple

 

  S'il est dorénavant superflu de présenter Louis-Ferdinand Céline, il est bon de rappeler la situation de la littérature au moment où paraît Voyage au bout de la nuit
  En 1932, il y a dix ans que Proust est mort ; Valéry vient de publier son Regards sur le monde actuel ; Gide n'est pas revenu encore de l'U.R.S.S., mais est déjà beaucoup plus que célèbre ; Claudel a fêté ses noces d'argent. Du côté des " jeunes ", Aragon-poète va se transformer en Aragon-romancier ; Bernanos a stigmatisé La Grande Peur des Bien-Pensants ; Drieu la Rochelle, exalté L'Europe contre les Patries ; Cocteau passe d'un art à l'autre, avec le génie d'un adolescent toujours prodigue ; Malraux écrit La Condition Humaine, qui lui vaudra le Goncourt un an plus tard. 
  A l'étranger, Ezra Pound secoue la poésie anglo-saxonne avec ses Cantos ; James Joyce, à cause d'Ulysses, subit plusieurs procès ; Kafka se fraie une gloire posthume. Personne, en France, ne touche aux structures de la langue, dont les écrivains se servent aussi timidement que les fonctionnaires.
  Malraux, après Paul Morand, innove un style nerveux, expéditif, qui rejoint la manière brutale des romanciers américains, mais son audace bute contre son souci de l'art traditionnel. Quant à Joyce et Pound, ni l'un ni l'autre, à peine connus de quelques cénacles, n'ont eu le temps de faire école.
  Il appartenait à Céline, au moins dans le domaine français, de jouer les éléphants, d'abattre les colonnes du Temple. Enfin quelqu'un s'avisait de fournir au siècle un langage qui fût le sien, et même de lui laisser une œuvre où se reconnaître. L'homme qui compose Voyage n'est pas encore celui qui déclare : " Le jazz a renversé la valse, l'impressionnisme a tué le " faux jour ", vous écrirez " télégraphique ou vous n'écrirez plus du tout ", pas plus que celui-ci n'est le chroniqueur échevelé de Nord, mais, d'un Céline à l'autre, il existe une gerbe de constantes qui apparaissent dès le premier ouvrage.
  De Don Quichote à Moll Flanders en passant par Gil Blas, la veine du roman picaresque, ou du roman " à tiroirs ", présente à peu près les mêmes caractéristiques. Nous suivons un protagoniste à travers le champ sans cesse élargi de ses aventures, et la vision du monde est cinématographique plus que picturale : on nous montre un à un des personnages, des scènes, des choses, qui ne sont pas destinés à former un tableau harmonieux, mais une suite comparable à la vie même. La morale de l'histoire (quand histoire il y a) demeure implicite, comme l'est la signification dans les procès-verbaux du Nouveau Roman, à moins qu'elle ne soit illustrée par l'épisode final ou simplement énoncée par le narrateur sous forme de conclusion.
  A quelques détails près, Voyage offre cette structure ; il se rattache même au type le plus ouvert du roman picaresque, puisque aussi bien il n'a ni commencement ni fin, au contraire, par exemple, de Tom Jones. Il ne s'agit pourtant pas de la " tranche de vie " à laquelle nous reconnaissons beaucoup de romans bourgeois. Nous ne devons pas nous laisser abuser par la première phrase : " Ca a débuté comme ça. " Il y a des années que " ça a débuté ", si l'on considère celle de l'homme tout court. " Tranche de vie ", admettons, mais une vie qui alors serait celle de l'humanité.

  (Marc Hanrez, Céline et ses classiques et autres essais, préface de Marc Laudelout, illustrations de Philippe Lorin, février 2019, Les Editions de Paris Max Chaleil). 

 

MOISSON PRINTANIERE

 

 

 

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    Marre de Céline ! 

 

 
  Ils ne supportent plus de le voir considéré comme l'un des plus grands écrivains du siècle dernier, ni qu'il soit pléiadisé, ni que des livres le concernant envahissent les librairies.
Dommage pour eux : la moisson printanière s'avère copieuse. Pas moins d'une dizaine de livres à lui consacré paraissent ces jours-ci. Nous y reviendrons le mois prochain mais nous nous proposons de les passer d'ores et déjà en revue.
Il y a d'abord les publications scientifiques. Dont les actes du XXIIe colloque de la S.E.C. qui s'est tenu l'été dernier à Paris, avec pour thème Céline et le politique.
Ce volume de près de 300 pages sera adressé à tous les membres de la S.E.C. en règle de cotisation pour 2019.
Les Presses Universitaires de Montréal nous proposent la thèse de doctorat de Bernabé Wesley, L'oubliothèque mémorielle de L.-F. Céline, soutenue il y a deux ans. Cet essai se veut une analyse des symboles, des motifs et des usages de l'amnésie collective de la société française d'après-guerre telle qu'elle est mise en scène dans ses derniers romans.

 Ce céliniste de la nouvelle génération examine leur inventivité linguistique, leur humour, leur étrangeté, parfois, et surtout leur portée critique à l'égard 

 

 

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 des représentations de la mémoire d'une société voulant oublier la guerre qui vient de s'achever, tout en en gardant à jamais le souvenir.
 Sous le titre Louis-Ferdinand Céline. Récurrence lexicale et poésie du style dans Voyage au bout de la nuit (L'Harmattan), Bianca Romaniuc-Boularand livre une subtile analyse de la poétique célinienne. L'auteur articule son analyse autour de la notion de rythme, envisagé comme essence de la poésie, et démontre que le rythme célinien est, en grande partie, affaire de récurrences lexicales, autant formelles que sémantiques.
  C'est une étonnante approche géographique et littéraire, servie par un style d'écrivain, que nous offre Pierre Grouix. Ferme du bois clair (Céline, Danemark, 1948-1951) passe au peigne fin les moindres petits faits de ce que fut la vie de l'écrivain en exil (Ed. du Bourg). Cet ouvrage confine à l'enquête biographique la plus rigoureuse où les détails les plus ténus font sens. Après avoir lu ce livre les céliniens ne confondront plus Klarskovgaard et Korsor, ni Fanehuset et Skovly. Autre lieux évocateurs : Douala, Bikomimbo et Dipikar. Louis Destouches vécut moins d'un an au Cameroun mais la période fut décisive.

 

 

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 Pierre Giresse professeur de géologie qui a longtemps vécu dans ses contrées, signe un Céline en Afrique (Du Lérot), richement illustré qui invite le lecteur à revisiter la nature tropicale et ses habitants, familiers aux lecteurs de Voyage au bout de la nuit.
  Marc Hanrez, pionnier du célinisme rassemble ses études sous le titre Céline et ses classiques (et autres essais). La partie qui a donné son titre à ce recueil constitue une approche de Céline à travers les auteurs, poètes et artistes qui le captivaient. De Villon à Diderot, de Shakespeare à Voltaire, de Jules Vallès à Léon Bloy, de George Sand à Paul Morand..., de Bosch à Breughel... défile un patrimoine imaginaire qui a marqué Céline (Ed. de Paris-Max Chaleil).
 Signalons enfin la sixième réédition de l'inusable Céline en chemise brune d'Hanns-Erich Kaminski (1938) mais qui offre cette fois, l'avantage d'être la première à corriger les erreurs de composition de l'édition originale.
Bonnes lectures !

(Marc Laudelout, Edito du Bulletin célinien n° 416, mars 2019).

 

  Nous ajouterons la toute dernière parution   Histoires littéraires oct- nov-dec 2018 n° 76 Dossier Céline. Ed. du Lerot.

 

QUI LE  METTENT TRES HAUT

 

 

 

   Metin ARDITI

 

Metin ARDITI (écrivain suisse, homme d'affaires et mécène passionné de musique):
  " Mettons les choses au point : je suis juif. J'ai beau être laïque, non pratiquant, non croyant, la moindre remarque antisémite me blesse. Même si elle vient d'un crétin. J'aurais aimé pouvoir écrire : " D'ailleurs, ils le sont tous, les antisémites. Des crétins. Du premier au dernier... " Le problème, c'est qu'ils ne le sont pas. (...) Dans le débat à propos de Céline, ceux qui ont fini par avoir sa peau ont tout mélangé. Céline était un auteur sulfureux ? Souvent ignoble ? Evidemment. Fallait-il le boycotter ? Surtout pas ! Au contraire ! C'était même la raison de s'y arrêter. D'explorer l'œuvre. Le " Voyage ", mais aussi les textes nauséabonds.
Ce qui fait de Céline un auteur de première importance, c'est son talent immense, mais aussi cette rage, précisément. Cette incapacité à aimer. Un Céline plus lisse nous ferait moins peur. Mais alors il serait plus éloigné de nous. C'est le vrai Céline qui nous aide à appréhender la vraie vie. C'est ce Céline qui nous permet de saisir la condition humaine dans tout son paradoxe. (...) Quel pourcentage de Céline je porte en moi ? Trois pour cent ? Dix ? Vingt ? Trente-cinq ? Je parle de sa haine. Pas de son talent. De sa haine de l'autre. Celle qui rend si malheureux. "

(Pour Céline, Le Monde, 7 février 2011, le Petit Célinien).

 

 


Claude SIMON

 

 
 Claude SIMON (écrivain, prix Nobel de littérature en 1985) :
 " Céline ? Je le place très haut. Et je l'ai dit depuis longtemps.
  Il y a plus de vingt ans, la télévision sarroise est venue à Paris.
  Ils ne trouvaient personne pour parler de Céline. J'ai dit : " Mais oui... "
 Il n'y a que moi qui en ai parlé. Proust et Céline ce sont les deux grands écrivains français de la première moitié du XXe siècle.
  Je me souviens qu'on me disait de Céline que c'était un salaud. J'ai dit : " Un salaud ?
  En art, ça ne veut rien dire, salaud. "
Pourquoi est-ce si extraordinaire ?
  Parce que c'est très bien écrit. Parce qu'il y a une musique, parce qu'il y a une cadence.
  Voilà ! C'est tout. "
 

 (Le monde des Livres, 19 septembre 1997).

 

 

 

 

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      Alexandre                 VIALATTE

 


 

  Alexandre VIALATTE (romancier, chroniqueur, traducteur de Kafka, 1901-1971):
   " Céline est un monstre sacré.
   Il a bâti des cathédrales de vomissure qui se mirent dans des lacs de purin.
 Il n'en reste pas moins que ce sont des cathédrales dans l'hallucination par un personnage titanesque, oraculaire, et prophétique, clownesque et même parfois féerique. (...) Je crois qu'il avait écrit des choses antisémites. Mais contre qui n'avait-il pas écrit ? Tonitrué ? Craché ? Vomi ? A commencer par les Français.
  (...) Il avait prédit le cataclysme. Oraculaire et prophétique.
  C'était Cassandre : c'est pourquoi il a tant d'ennemis.

(...) Un incendiaire, inventeur d'une musique, un " éclopé au cœur déçu ", une " clameur de vitalité " qui sort d'une œuvre où se bousculent tous les démons du désespoir. "
 
  (Dernière chronique pour La Montagne, dans Spécial Céline n° 8, E. Mazet).

 

 

 

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