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ANNEE 2018
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ANNEE 2019
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ANNEE 2020
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23  Info 40 20  Info 42 19  Info 44 16  Info 46 29  Info 49 25  Info 51 23  Info 53 21 Info 55 18  Info 57 15  Info 59 26  Info 62 24  Info 64
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ANNEE 2021
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
06  Info 65 03  Info 67 03  Info 69 14  Info 72                                
20  Info 66 17  Info 68 17  Info 70 28  Info 73                                
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CELINE EN PHRASES

 


PAUL MORAND et CELINE

 

 

Né à Paris 8°, le 13 mars 1888, fils du haut fonctionnaire et artiste Eugène Morand, Paul Morand, après des études à l’École libre des Sciences politiques, fut reçu en 1913 premier au grand concours des ambassades, et embrassa une carrière de diplomate.
  Nommé attaché à Londres, il fit ses premiers pas en littérature avec deux recueils de poèmes (Lampes à arc, Feuilles de température) avant de se découvrir un talent de nouvelliste.
  Après un recueil de nouvelles londoniennes, Tendres Stocks, préfacées par Marcel Proust, il connut la célébrité dès 1922 avec Ouvert la nuit, puis, un an plus tard, Fermé la nuit. Suivirent L'Europe galante, Rien que la terre, Magie noire, Paris-Tombouctou, Champion du monde, New York, Papiers d'identité, Air indien, Londres, Rococo, La Route des Indes, L'heure qu'il est, autant de chroniques qui peignent l'inquiétude européenne de l'entre-deux-guerres et évoquent les lieux que cet infatigable voyageur, en congé pour un temps de la diplomatie, a traversés.
  Ayant réintégré les Affaires étrangères en 1938, Paul Morand se trouvait, au moment de la défaite de 1940, à Londres où il occupait les fonctions de responsable de la mission de guerre économique. Mis à la retraite d'office par le gouvernement de Vichy, il publiait en 1941 Chroniques de l'homme maigre, livre d'orientation maréchaliste. De cette période datent encore Propos des 52 semaines, L'Homme pressé, Excursions immobiles.
 Avec le retour de Laval au gouvernement, il était nommé à la présidence de la commission de censure cinématographique, avant de terminer la guerre comme ambassadeur à Berne, ce qui lui valut d'être révoqué à la Libération, et contraint à l'exil en Suisse.
 Il s'y consacra à la poursuite de son œuvre : Le Dernier Jour de l'Inquisition, Le Flagellant de Séville, Le Coucou et le Roitelet, L'Eau sous les ponts, Hécate et ses chiens, La Folle amoureuse, Fin de siècle, Nouvelles d'une vie, Les Écarts amoureux.
  Admiré par la jeune génération des hussards de l'après-guerre (Roger Nimier, Michel Déon, Antoine Blondin, Jacques Laurent), l'écrivain allait connaître un regain d'influence. En 1953, il était réintégré dans l'administration.
  Paul Morand, qui s'était porté une première fois candidat à l'Académie française dès avant la guerre et n'avait obtenu que 6 voix au fauteuil Cambon en 1936, fut de nouveau candidat en 1958. Sa candidature devait soulever l'hostilité des gaullistes et donner lieu à une séance de vote houleuse, laquelle se termina par une suspension du scrutin. Pierre Benoît, animateur de la candidature de Morand, indigné par cette décision, quitta ce jour-là l'Académie où il décidait de ne plus jamais siéger.
  Ce n'est qu'en 1968 que le général de Gaulle, après une longue hostilité, consentit à une nouvelle candidature Morand. Toute l'Académie était présente pour son élection, le 24 octobre. Il remporta le fauteuil de Maurice Garçon par 21 voix au second tour, contre 4 à son concurrent et 15 blancs ou nuls. Il était âgé de quatre-vingts ans. Exceptionnellement, il n'y eut pas de visite d'investiture à l'Élysée. Paul Morand fut reçu le 23 mars 1969 par Jacques Chastenet.

Mort le 23 juillet 1976 à Paris 15°.

 

 


UNE ESTIME RECIPROQUE

 

 

 

      Louis-Ferdinand Céline

 

 Céline, qui n’appréciait guère ses contemporains, avait, on le sait, une vive estime pour l’auteur d’Ouvert la nuit : « Je dois confesser cependant que je trouvais Paul Morand de l’autre après-guerre, dans le genre, « Ouvert la nuit », plus savoureux, plus costaud, bien mieux armé. Toute la différence du mousseux au champagne — de la masturbation laborieuse à la giclée franche. Paul Morand est le premier de nos écrivains qui ait jazzé la langue française — Ce n’est pas un émotif comme moi mais un satané authentique orfèvre de la langue. Je le reconnais pour un maître — comme Barbusse du Feu. »
 (Lettre à Milton Hindus, 11 juin 1947).

 

 

              Paul Morand

 

Vingt ans plus tard, Morand lui rendra la politesse, après avoir reçu D'un château l'autre : " Je vous ai lu [...] avec une émotion que vous imaginez mal.

 J'étais resté  sur les Entretiens avec le Professeur Y, qui m'avaient déchiré l'âme et l'oreille ; c'était le livre d'un fauve enragé, fou de douleur ; bouleversant, illisible pour moi, un cri de mort imprécatoire.

 Et puis, aujourd'hui, la surprise, la joie de retrouver le talent d'il y a vingt ans, aussi jeune, aussi fort, enrichi de l'appauvrissement de l'homme "

 (Lettre du 27 juillet 1957, Céline, François Gibault, 3ème tome, 1981, p. 317).

 

 

 

 

 

 

 

 


Marc Hanrez,
" le buissonnier invétéré du célinisme » 
(Frédéric Saenen),
les compare...

 

 

 

 

             Morand

 

" C'est donc le Morand des Années Folles que Céline appréciait. Il le loue d'être " le premier de nos écrivains qui ait jazzé la langue française " (lettre à Hindus, 11 juin 1947).
 Notons que Céline applique cette formule, sans d'ailleurs l'expliquer, au style d'autrui mais jamais au sien propre. Ainsi dans une lettre à Jean Paulhan de juin 1950, il l'utilise encore : 

 

              Céline

 

" Je trouve tous ces gens impuissants à barrir, agaçants, irritants, rabâchant à l'infini des propos archifatigués, des bouts d'Evangile en somme, jazzés un peu... à peine et mal " (lettre à la NRF, 1991, p.105).

 Et puis, lorsqu'il faudra , toujours selon Céline, écrire " télégraphique " ou rien, Morand fera figure de précurseur.

 

 

 D'un corpus à l'autre, il y a cependant des similitudes qui, même locales et donc limitées, ne relèvent peut-être pas du hasard. En voici des exemples, tirés du modèle éventuel, dans l'ordre de parution.

 

 

 

    Tendres stocks

 

 "... enfin, sur le coup de minuit, Londres était devenu une masse incandescente, saccagée de plaisirs, où des autobus, vêtus de réclames, passaient avec des bruits de tiroir, où les maisons flanchaient comme nos devants de chemises incassables... " Et trois phrases plus loin : " ... à la faveur de l'ombre poussèrent les fleurs sournoises des clubs clandestins : Boum-Boum, Le Lotus, Hawaï... "

 

    Guignol's band II

 

 

 

Voilà qui coïncide avec l'atmosphère

de la virée nocturne, dans Guignol's

band II (Le Pont de Londres), où Ferdinand, Sosthène et Virginie se dévergondent au Touit-Touit Club.

 

 

 

        Fermé la nuit

 

 Ouvert la nuit : " C'est une génération sacrifiée, madame, les hommes sont devenus soldats, les femmes sont devenues folles ".
 Fermé la nuit : " Enfin il se leva, peint comme un boucher. Un sourire. Le sang ne coulait plus. Déjà la vie revenait. Il demeurait immobile, sûr de sa force, fier de sa vitalité, de cette énergie qui lui faisait oser et vaincre, traiter de la Mort en familière, la reconduire chez elle à coups de savate ".

 

Voyage au bout de la nuit

 

 Il suffit de comparer, dans Voyage, les rôles de Bardamu, Robinson, Branledore et Princhard, en pleine guerre, avec ceux de Lola, Musyne, etc.
 

 Cette dernière scène de " La Nuit de Putney " où le guérisseur Habib sauve une jeune femme qui s'est fait avorter, est l'inverse exactement de celle où Bardamu, tout docteur qu'il est, rumine son impuissance devant un cas identique.

 

 

 

           L'Europe galante

 

 " Sous l'influence d'un vent baltique, il dégelait ; l'eau suintait au long des murs, tombait des toits. Le sol se liquéfiait, et la débacle ajoutait encore à l'immense abandon de cette ville, peut-être la plus belle d'Europe " 

 

Bagatelles pour un massacre

 

 Il s'agit de Leningrad, non moins superbe aux yeux de Céline, malgré son côté mal entretenu.

 Il la trouvera même, dans son genre, la plus belle du monde.

 

 

 Rien que la terre : " La beauté affreuse de notre époque c'est que les races se sont mêlées sans se comprendre ni avoir eu le temps de se connaître et d'apprendre à se supporter " Ou bien : " La terre cesse d'être un drapeau aux couleurs violentes : c'est l'âge sale du Métis ". 

 Sur ses vieux jours, Céline voyait non seulement la France occupée par les Chinois, mais aussi l'humanité se mélanger comme les Brésiliens.
 Toujours Morand : " Je rêve d 'un pacte de sécurité entre l'homme et les animaux, où chacun cessant d'obéir à la loi de la jungle, s'engagerait à se respecter en s'aimant... " 
 Ce à quoi évidemment Céline eût volontiers souscrit.

 Et puis ceci : " Le blanc est synonyme de sérénité et de noblesse chez tous les peuples de couleur, - jusqu'à ce que vinssent des Blancs pour prouver le contraire. " Comme le font, dans Voyage, les colons d'Afrique.

 Enfin : " Le bateau français est l'image de notre Eden politique : une combine méridionale de copains que quelques cochons de passagers payants viennent déranger ". C'est exactement le cas de Bardamu, traité en paria sur l'Amiral Bragueton.

  A Londres, le prince Jâli, héros du récit, rencontre une certaine Angèle, et son ami Renaud l'approuve : " Ces prostituées françaises de l'étranger sont des femmes souvent admirables, énergiques, vivant sans savoir un mot d'une langue autre que la leur [...] mais gardant intact l'amour du pays. "

 Dans Guignol's band, les putains patriotiques, autour de Cascade, sont tout à fait pareilles, et son épouse - qui l'aurait cru ? - s'appelle... Angèle.

  Magie noire : " A l'aube, avant le village, Mâlek se leva. Il alluma le falot. Il se trouva seul, mal assuré sur son lit de camp, au milieu des registres de commerce, des boîtes de conserve, suffoqué par l'odeur des cotonnades neuves. Il avait pour meubles un pliant, une gargoulette et, pendu au plafond, un œuf d'autruche. Il ne lui restait plus qu'à faire fortune... "

  Telle est la situation du protagoniste d'une des nouvelles en pleine forêt ivoirienne. On pense tout de suite au sort de Bardamu, dans son Afrique à lui, après la disparition de Robinson qu'il est venu remplacer.

 

 

 

         Roger Nimier

 

 

 

      Philippe Sollers

 

 

 

 

  On trouve encore ceci : " Le tort des professeurs, c'est de croire que l'Université, c'est l'univers ! " (Bouddha vivant, p.21)

 Pouvait-on prévoir que la littérature, au lendemain de la guerre, serait encombrée de professeurs : qu'elle prendrait, sous leur plume, un ton professoral ? Il restait, heureusement, d'autres écrivains, mauvais élèves mis au ban de la classe régnante. Dont Céline et Morand. Pour les jeunes auteurs affranchis, et notamment les " Hussards ", ils deviendront de nouveaux maîtres.

  La sympathie entre eux ira même, quant à Roger Nimier, jusqu'à la plus authentique amitié. Morand, de son côté, publiera dans La Parisienne, revue de la " droite buissonnière " à cette époque (voir " Ascension de Drieu, oct. 1955, p.1019)
  Et plus récemment, Sollers, préfaçant New York en livre de poche, ne craignait pas d'écrire : " C'est sans doute le meilleur écrivain français du XX° siècle, en retrait de Proust et de Céline, bien sûr... " Lesquels l'avaient, précisément, l'un patronné, l'autre admiré. "
   (Marc Hanrez, Le siècle de Céline, Ed. Dualpha, 2006).

 

 

Marc Laudelout fait le point...

 

 

  Il faut savoir gré aux Editions Montparnasse d’exhumer de précieux documents audiovisuels. Après Céline vivant (avec les trois entretiens filmés) et Paris Céline (film de Patrick Buisson augmenté de témoignages inédits), cet éditeur nous propose les entretiens que Paul Morand accorda, quelques années avant sa mort, à la télévision française pour la série « Archives du XXe siècle ». Propos passionnants sur les années 1900, les influences qui furent les siennes (Sorel, Schopenhauer, Nietzsche), la Révolution de 1917 (« On eut, à la place d’une Russie européenne, une Russie asiatique »), etc.
 Céline, qui n’appréciait guère ses contemporains, avait, on le sait, une vive estime pour l’auteur d’Ouvert la nuit : « Paul Morand est le premier de nos écrivains qui ait jazzé la langue française – Ce n’est pas un émotif comme moi mais c’est un sacré authentique orfèvre de la langue. Je le reconnais pour un maître. (Lettre à Milton Hindus, 11 juin 1947) »

 Lors du récent colloque de la Société d’études céliniennes, François Gibault prononça, à partir de la correspondance Chardonne-Morand, une plaisante communication où Céline avait naturellement sa place. [http://www.singer-polignac.org/fr]. Il y cita cette lettre (encore inédite) de Morand : « [Céline] a été tué par son séjour en prison en ce Danemark qui avait déjà tué, ou presque, Léon Bloy et Hamlet, et enlevé par un Vichyssois à mauvaise conscience, notre ambassadeur Charbonnière, sorte de lapin à guêtres, de petit Norpois qui avait au dernier moment accroché son wagon à la Résistance. (6 juillet 1961) »

 

 

 

    Le jazzman blanc

 

Lapin à guêtres, et non à grisettes (!), comme le transcrit erronément l’éditeur de cette correspondance. La même formule se trouve dans la belle lettre que Morand écrivit à Céline après la lecture d’Un château l’autre. Les deux écrivains se virent en 1943 lors d’un déjeuner réunissant aussi Gerhardt Heller, Jean Jardin et Josée Laval (qui l’évoque dans son journal).

 

   L' Académicien

 

 Un an avant qu’il ne soit élu à l’Académie française, Paul Morand ne craignit pas de dire sa dette envers Pierre Laval, « espèce de gitan prodigieux qui [l’] a beaucoup influencé » (Émission « Une heure avec… » de Pierre Lhoste, France-Culture, 16 janvier 1967). Propos assez rare pour être relevé.
Son loyalisme envers l’État français et son attachement à Laval lui valut, on le sait, beaucoup d’opprobres. Turpitudes humaines qu’un peu de sable efface ?… Aujourd’hui Morand est définitivement sorti du purgatoire (littéraire), même si on lui reproche son antisémitisme (qu’il qualifia de « fièvre obsidionale » au début des années 30) et son « homophobie » (qui ne l’empêchait pas d’entretenir les meilleures relations du monde avec Marcel Schneider, Jean-Louis Bory, Jacques Brenner ou Matthieu Galey, pour ne citer qu’eux). 

 

 Morand occupe trois volumes dans la Pléiade : un pour les romans et deux pour les nouvelles où il est passé maître. Son don pour l’instantané, ses raccourcis fulgurants dans les portraits, son sens du tragique, tout cela fait de lui un grand écrivain. Certaines de ses œuvres atteignent une perfection rare sur des thèmes qui n’ont pas vieilli et qui frôlent parfois le « politiquement incorrect ». Comme dans ces entretiens où, rejoignant Céline, il évoque cette « immense tragédie qu’est la disparition de la race blanche. »   Que diraient-ils aujourd’hui où le métissage est considéré comme une valeur en soi ?
 (Paul MORAND. Entretiens. Juillet/août 1970 et janvier 1971, Éditions Montparnasse [12 Villa Cœur de Vey, 75014 Paris], coll. « Regards », 2014, double DVD [3 h 34 au total] (25 €).
(Editorial du Bulletin célinien, le 1 novembre 2014 par Marc Laudelout).

 

 Céline fut toujours seul ; ce n'est pas un médiéval qui a la nostalgie du XIII° siècle, c'est un homme moderne, dans la solitude des foules, puis des guerres, puis des migrations. 

 Il n'a pas d'ancêtres, ne se réclame ni de Bloy, ni de Péguy, ni de Drumont. Il n'a pas d'amis, sur terre ni au ciel. Ce n'est qu'un médecin de quartier, et pas le quartier du paradis. 

  Il ne possède que sa femme et son chat ; il n'a jamais eu à renier de parti, n'en ayant pas ; ni de maître, étant son maître.

 Son confesseur, c'est le lecteur. Il est l'homme parfaitement libre.

                                               Paul MORAND

 



Un grand célinien nous a quittés

 

 

 

François Marchetti

 

 Ce dimanche 11 avril 2021 est décédé François Marchetti.

 Né en 1936 à Paris. Il entre en Propédeutique à la Sorbonne, et sera reçu en 1956, il entame des études d'allemand et de langues scandinaves.
  En 1959 crédité d'une bourse de l'Etat danois, il interrompt ses études d'allemand et poursuit des études supérieures de danois. Il enseigne à l'Alliance Française de Copenhague et en 1965, recruté comme assistant de langue et littérature française par l'Université de Copenhague, il émigre au Danemark avec son épouse Geneviève Villa, artiste-peintre et dessinatrice pour tissus.
  En juin 1972, est promu maître-assistant. Il se passionne depuis une dizaine d'années pour Céline. Très lié avec l'ancien ministre danois de la Justice, Helga Pedersen, il encourage celle-ci à écrire sur ce qu'on appelle " l'affaire Céline ". Ce sera en 1975, Le Danemark a-t-il sauvé Céline ?, qu'il a traduit du danois publié conjointement en France et au Danemark.
  C'est Helga Pedersen qui fera découvrir Klarskovgard à François Marchetti. A partir de 1969, il séjournera régulièrement à la Fondation Paule Mikkelsen, qui entretient fidèlement le souvenir de celui qui se fit le défenseur de l'exilé, Thorvald Mikkelsen.

  François Marchetti est le " célinien " qui sait le mieux ce que furent les années danoises de Céline. Il a également traduit les souvenirs d'Ole Vinding ainsi que ceux de Bente Karild qui fréquentèrent l'écrivain exilé.
 Plus près de nous, il apporte sa grande contribution au livre d'Eric Mazet et Pierre Pécastaing, Images d'exil. Louis-Ferdinand Céline, 1945-1951 (Copenhague-Korsor), Du Lérot et La Sirène, 2004.
 Et il publie, en 2008, aux Editions du Rocher avec David Alliot, Céline au Danemark, 1945-1951, Préface de Claude Duneton, ouvrage magnifiquement imagé.

  Un " Colloque Céline "  à Klarskovgard ?
 
Mais oui... Du 13 au 15 septembre 1984, il y fut organisé. Sous l'égide de la Fondation Mikkelsen et des services culturels de l'Ambassade de France au Danemark.
  François Marchetti y participait, ainsi que d'autres céliniens connus. Le thème de ce colloque était " Influence de l'exil danois sur l'œuvre de L.-F. Céline ". Les actes n'en ont malheureusement jamais été publiés. (BC n° 281, décembre 2006).