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ACTUALITES

 

 

 

 

          Pierre ASSOULINE ... Confirme bien :

 - Antoine Gallimard n'a pas renoncé à la publication des pamphlets de Louis-Ferdinand Céline

 - Celle-ci comprendra six textes

 - C'est lui qui écrira la préface

 - Ce gros volume ne portera pas le nom d' " Ecrits polémiques "

 - Il sera accompagné d'un appareil critique.

 Il termine son interview en s'étonnant clairement du tohu-bohu déclenché dans les médias alors que le livre n'était pas encore sorti.

 


 

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       LETTRE OUVERTE A MON PREMIER MINISTRE.

 Le Hors Série du quotidien Présent (mars-avril 2018), qui titre " La nouvelle épuration littéraire " suite à l'éviction de Maurras des " Commémorations nationales " (ce qui était survenu à Céline en 2011), et aux pressions du CRIF pour dissuader Antoine Gallimard de rééditer les pamphlets, se termine par une magistrale " Lettre ouverte à mon Premier Ministre...

 Il se trouve que dans son livre, " Des hommes qui lisent ", Edouard Philippe, grand admirateur de Céline, confie qu'il n'aurait pas pris, lui, la décision de le retirer des commémorations officielles de 2011, année du cinquantenaire de sa mort.
 Le talentueux Francis Bergeron écrit :

 " Pour un homme politique de votre importance, et par les temps qui courent, on aurait presque pu parler de courage à avouer cela... si nous n'avions pas connu la suite ".
 Cette suite est, en effet, connue : pas un mot du Premier Ministre lorsque le CRIF fait reculer Antoine Gallimard et pas un mot de protestation quand Maurras est retiré des Commémorations nationales. Et Bergeron conclut :

 " Dans les censures à l'encontre de Céline et de Maurras, par votre passivité, vous avez gravement nui aux intérêts de notre culture, vous avez gravement nui aux intérêts de notre histoire, vous avez alimenté cette repentance à répétition, cette auto-flagellation, dont vous vous plaignez régulièrement.
  Pire que cela, sur le cas Céline et Maurras, vous avez agi exactement comme Sarkozy à son époque, ce que vous lui reprochiez dans votre livre. Vous avez renié spectaculairement vos propres convictions sur la liberté de penser et la création littéraire.

 Ne pas respecter sa parole donnée, c'est le pire des péchés. Vous en faisiez crédit à Denoix de Saint Marc pour son attitude face à de Gaulle, le parjure. Mais, à une plus petite échelle et dans des circonstances somme toute moins difficiles, vous avez agi de même. "
 (Marc Laudelout, BC n°406, avril 2018).

 
 

 

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   Marc LAUDELOUT nous parle de la non-réédition des pamphlets durant son entretien avec Anne BRASSIE...

 

 

 

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       Théâtre Les Déchargeurs.  LOUIS- FERDINAND CELINE  -  Derniers entretiens.

 Dates : du 16 jan au 7 mars 2018

 Mardi Mercredi

 à 21h15      Durée : 1h15

  

Je travaille et les autres foutent rien, voilà exactement ce que je pense.
 Au bout du voyage, Céline - l'abominable homme des Lettres - se confie aux derniers journalistes qui se risquent jusqu'à son ermitage de Meudon, attirés par le pittoresque décati du personnage, son humour féroce et sa lucidité impitoyable sur l'homme en général et ses contemporains en particulier.
 

   Tout y passe : l'enfance au passage Choiseul, les années d'initiation, la vocation médicale, ses débuts fracassants en littérature, les grandeurs et misères du monde des Lettres, ses errements idéologiques et son délire de persécution, son rejet de la vie moderne et décadente... jusqu'aux prédictions comico-apocalyptiques de l'arrivée prochaine des chinois à Cognac !

   La représentation du mercredi 31 janvier sera suivie d'une rencontre avec l'équipe du spectacle.

      

 

 

 

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 Gallimard veut toujours publier les pamphlets antisémites de Céline, malgré la polémique :

   4 mars 2018.

 

 Le PDG de la maison d'édition entend bien publier les textes, accompagnés d'une analyse littéraire et d'une explication historique.

 Antoine Gallimard n'a " pas renoncé " à son projet de réédition des pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline, a-t-il annoncé quelques semaines après avoir suspendu sine die ce projet qui avait provoqué une levée de boucliers.

 Le 11 janvier dernier, " j'ai suspendu ce projet, mais  je n'y ai pas renoncé ", explique-t-il dans le Journal du Dimanche en date du 4 mars. " La raison de cette suspension est simple : on ne construit rien de valable dans un incendie, on ne peut pas se faire entendre dans un amphithéâtre en ébullition ", justifie-t-il, sans s'avancer sur une date de parution.

 Une réédition accompagnée d'un " appareil historique "

 Le PDG des éditions Gallimard réfute l'idée d'avoir été convoqué par le gouvernement en décembre dernier à ce sujet. " Le terme - convocation - est inexact, assure-t-il. " J'ai reçu une lettre du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, monsieur Frédéric Potier, et j'ai choisi de le rencontrer ", raconte Antoine Gallimard.

 L'éditeur explique avoir alors fait savoir à Frédéric Potier, qui s'inquiétait d'une possible réédition des textes sans mise en contexte, qu'elle se ferait accompagnée d'un " appareil historique ", avec une analyse du professeur d'université Régis Tettamanzi et d'une préface signée Pierre Assouline.

 La coexistence du génie et de l'ignoble en un seul homme

 Le projet de rééditer les pamphlets de Céline (Bagatelles pour un massacre, L'Ecole des cadavres et Les Beaux draps) avait suscité une vague d'indignation notamment de la part de Serge Klarsfeld, président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France.

 Antoine Gallimard justifie à nouveau dans le JDD son projet " par goût de la vérité " et la nécessité de montrer " la coexistence du génie  et de l'ignoble en un seul homme ". Les textes concernés ont été rédigés par l'auteur du Voyage au bout de la nuit entre 1937 et 1941. Ils devraient tomber dans le domaine public en 2031 (soit 70ans après la mort de l'écrivain en 1961) et seront alors libres de droits.

 Les pamphlets de Céline ne sont pas interdits en France, mais n'ont plus été réédités depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'écrivain lui-même puis sa veuve, Luctte Destouches, âgée de 105 ans, s'y opposaient.

 


 

 

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               POUR CELINE TOUT ENTIER...  04 janvier 2018.

  Cette année, probablement au mois de mai, les trois pamphlets antisémites de Céline vont être réédités pas Gallimard. (L'Express a publié, au mois de décembre 2017, un article très informé de Jérôme Dupuis sur le sujet). Bagatelles pour un massacre, L'Ecole des cadavres et les Beaux draps avaient été initialement publiés en 1937, en 1938 et en 1941.

 Céline avait toujours refusé qu'ils fassent l'objet d'une nouvelle publication mais sa veuve, Lucette Destouches, âgée de 105 ans, a autorisé leur réédition, sous l'égide de son ami et meilleur connaisseur de l'œuvre de Céline, François Gibault.
 Pas seulement sans doute pour des raisons financières même si sa veuve a besoin d'une assistance médicalisée 24 heures sur 24.
 Depuis l'annonce de Gallimard, une polémique a éclaté et indignations ou approbations de d'opposer. Décidément Céline ne laissera jamais personne indifférent (Le Monde).

 Je ne tiens pas pour rien les points de vue de Serge Klarsfeld ou d'Alexis Corbière hostiles à la réédition de ces écrits polémiques mais je ne partage pas leur avis. Je serais tenté d'énoncer quelques banalités factuelles ou littéraires.
 Céline est un immense écrivain, le génie d'un langage inventé, renouvelé et on peut le créditer de plusieurs chefs-d'œuvre dont notamment Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit. Ces écrits sulfureux peuvent être trouvés sur Internet, certes sans aval officiel.

  En 2012, au Québec, ils ont été publiés et il s'agissait d'un énorme volume comprenant un appareil critique si remarquable que Gallimard se propose de le reprendre. La réédition française, outre les trois pamphlets, offrira à la lecture A l'agité du bocal (sur Jean-Paul Sartre), Hommage à Zola et le superbe Mea culpa (à la suite de son voyage en URSS).

 En 2015, Les Décombres de Lucien Rebatet avait été réédité, avec des commentaires d'historiens, et la controverse s'était vite éteinte pour un livre dont l'antisémitisme n'était pas moins éclatant que celui qui inspirait Céline.

 En 2031, les trois pamphlets de Céline seraient tombés dans le domaine public et devancer cette échéance de quelque 13 ans n'a rien de proprement scandaleux.
 
  J'ai bien conscience que cette argumentation n'est pas suffisante à elle seule pour emporter la conviction. Elle a un caractère trop négatif comme s'il convenait seulement de s'accommoder d'une réédition au lieu de positivement la souhaiter.

 Déjà, instinctivement, j'éprouve comme une répugnance à l'idée d'une interdiction qui s'attacherait à la partie, même odieuse, d'une œuvre écrite par un grand auteur faisant la démonstration de son talent non seulement dans le noble mais aussi dans l'insupportable. Le génie ne se divise pas et laisse ses traces ici et là.

  Si on décidait de supprimer de la littérature universelle, par exemple du prodigieux Shakespeare, les passages contestables (Le Marchand de Venise) au nom d'une morale et d'une bienséance d'aujourd'hui inadaptées au siècle de leur écriture, des chefs-d'œuvre seraient amputés, dénaturés. On n'aurait pas l'idée absurde de les censurer et il n'est pas davantage acceptable, pour d'autres, de les maintenir dans un ostracisme officiel.

 Céline est partout, tout entier dans l'indigne comme dans l'unique. Serait-ce que la réédition de ces pamphlets risquerait d'aggraver l'antisémitisme de certains à cause du concours d'une délirante perversion ? On sait bien que non, heureusement. On ne peut que réprimer les actes motivés par l'antisémitisme, les délits ou les crimes directement commis sous l'emprise de ce dernier mais pour les tréfonds de chacun, l'antisémite ne sera pas rendu plus antisémite par Céline pas plus qu'il ne sera converti à l'humanisme par de seules injonctions morales. Et ceux qui sont préservés de ce poison n'en seront pas atteints à cause de Céline.

  Les pamphlets, surtout dans ce domaine, ne convainquent que les convaincus mais laisseront indemne la masse de lecteurs que la curiosité littéraire, l'intérêt historique ou la veine sociologique pourrait pousser vers eux.
 Surtout, Céline est universel. Il n'appartient à personne, à aucun clan, à aucune famille, à aucune religion, à aucune monstruosité. Pour le meilleur ou pour le pire.

  Que Serge Klarsfeld et ceux qui pensent comme lui dans la communauté juive soient indignés par la réédition à venir de ces écrits polémiques est parfaitement compréhensible. Mais ce n'est que leur point de vue intéressant, estimable mais fragmentaire, sur une oeuvre.
  On n'a pas à s'approprier, en exigeant leur interdiction, des écrits qui, grâce à leur auteur, relèvent d'un capital indivis. Cette remarque n'est pas applicable qu'à Céline. Elle vaut pour les créateurs qui dans leur éclatantes lumières ont laissé se glisser des ombres.

  Je n'irais pas jusqu'à discuter l'antisémitisme célinien, dans sa traduction pamphlétaire, délirante et frénétique, alors que pour une fine intelligence comme celle d'André Gide, il était imprégné d'une telle outrance, constitué par une telle globalité, tellement désaccordé du Juif en tant que tel qu'il paraissait vomir plutôt l'humanité elle-même. Pour André Gide, la haine du Juif chez Céline dépasse le Juif pour atteindre la détestation de la vie. Je conçois bien volontiers que pour des mémoires meurtries, cette analyse puisse apparaître pour des arguties.

  Pour terminer, derrière ces joutes aussi bien intellectuelles que politiques, prônant l'emprise d'un passé tragique sur le présent ou un présent libre mais non oublieux, il y a toujours la même hantise, la même crainte, presque le même mépris. A quel titre prétend-on se mêler de ce qui regarde le citoyen, le lecteur, de son choix et de son intelligence ?

  Je sais bien que les Français, durant cette année, ne se rueront pas sur ces trois pamphlets mais n'aurait-il pas été concevable, convenable de les rééditer et de laisser tous ceux qui admirent Céline pour partie ou pour le tout, qui le détestent pour le tout ou pour partie ou qui sont tout simplement curieux de l'ensemble se forger leur opinion, élaborer leur conviction et prendre un parti ?
  Faut-il donc toujours les prévenir, les alerter, les dissuader, leur enjoindre, les priver AVANT au lieu de les laisser lire, vivre ?

  Même quand il s'agit de Céline et qu'on ne doit pas couper en tranches un génie furieux de la littérature.
    
        Philippe BILGER.