LA MÉDECINE AVANT CELINE
(1918-1925)
1918
Mars
- Le 10 Mars, grâce à l'appui du professeur Gunn, Louis Destouches et Raoul Marquis sont embauchés par la fondation Rockefeller comme conférenciers et partent pour la Bretagne. Destouches engagé comme conférencier et interprète et Henry de Graffigny comme " mécanicien et marionnettiste ". Ce dernier enseigna l'hygiène aux enfants avec son " guignol prophylactique ". Quant à Louis, nous dit François Gibault, son rôle " consistait à faire deux types de conférences, les unes destinées aux enfants des écoles, qui n'étaient que de brèves causeries d'une vingtaine de minutes avec distribution de brochures et de cartes postales. Peut-être entonnait-il aussi quelques chansons comme celles-ci : " J'ai du bon soleil dans ma chambrette... sur l'air de : J'ai du bon tabac... Les autres conférences étaient faites le soir à des adultes, toujours des discours types de trois quarts d'heure environ. " |
|
|
|
|
|
A Claude Bonnefoy, Céline donna d'autres précisions : " On faisait des conférences dans les écoles sur la tuberculose. On en faisait jusqu'à cinq ou six par jour. Les paysans à qui on s'adressait et qui parlaient surtout patois ne comprenaient pas toujours nos explications... Ils écoutaient sagement, sans rien dire... Ils regardaient surtout les films... Très instructifs, les films... On voyait des mouches se promener sur le lait... La pellicule cassait toutes les cinq minutes, ou sautait. Ca ne faisait rien... On réparait... "
Louis y rencontre le docteur Follet Athanase ainsi que sa fille dont il tombe amoureux.
|
|
|
|
Au service des instructeurs américains ils sont presque une dizaine qui se déplacent en camions bâchés à travers la Bretagne. Ils combattent les ravages de la tuberculose, cette maladie contagieuse par la toux et le crachat qui s’en prend aux faibles. Il faut prévenir les enfants et convaincre les parents des bienfaits de l’hygiène contre le terrible bacille de Koch qui s’attaque à leurs poumons. Inciter la population à se laver les mains dans un pays qui n’en a pas tellement l’habitude.
Il est superbe, Destouches, dans son uniforme quasiment militaire, avec vareuses à larges poches, baudrier viril, casquette de cop californien ! Superbe et tout heureux car il sort de la forêt africaine, de la touffeur camerounaise qui l’écrasait, lui qui n’a jamais supporté la canicule. |
|
|
|
|
|
|
Dans cette grande salle des fêtes de l’Ecole de médecine de Rennes où la mission américaine du professeur Selskar Gunn reçoit les applaudissements de tous les notables de la ville, une jeune fille à l’allure de gamine délurée, à l’œil de feu, aux lèvres ourlées et sensuelles se moque des discours. C’est la fille du docteur Follet, Edith. Elle n’a pas dix-neuf ans. Louis l’a déjà remarquée. Il y a foule à table, Edith vient se placer audacieusement à côté de lui. Elle sent, toute excitée, l’odeur virile de l’uniforme, la jeune fille va coller sa jambe contre celle de son voisin. Elle s’en excuse à peine, fascinée par son talent de conteur. Le Dr Follet a repéré le manège, il connaît un peu ce conférencier hâbleur qui lui ressemble.
|
|
|
|
Farfelu et ambitieux, héros de cette guerre interminable. Il sait aussi que son oncle, le professeur Georges Destouches, est secrétaire général de la Faculté de médecine de Paris qui supervise administrativement l’Ecole de médecine de Rennes. Ça peut toujours servir, même s’il est déjà galonné.
Quelques semaines plus tard, devant les tourtereaux, Athanase Follet lui fait une promesse. Le beau jeune homme pourra devenir son gendre à la condition qu’il passe son bac et entame des études de médecine.
La guerre est finie. Aux survivants de l’hécatombe, aux jeunes rescapés du massacre, Raymond Poincaré est obligé de faire une faveur. Ce n’est pas une récompense mais une nécessité, puisque la France manque de bras. Sur les huit millions de morts au total, le pays recense un million et demi de victimes. Il faut les remplacer. Le gouvernement ordonne un raccourcissement des études pour ceux qui ont combattu, des facilités de notations, d’avancement. Ainsi à vingt-cinq ans, Louis Destouches passera son bac à Bordeaux. Avril
- En vacances à Retiers au mois d’avril 1918, Henri Mahé écoute le discours d’un hygiéniste de la mission Rockefeller. Il se nomme Louis Destouches.
Novembre
- Le 11 novembre, jour de l'armistice la mission se trouve à Dinan. Elle y partage la liesse de la population.
Décembre
- Le 3 décembre, Louis donne sa dernière conférence de l'année à Lamballe. La mission partit ensuite pour le Morbihan et la Loire-Inférieure, mais Louis préféra retourner à Rennes. Il était devenu ambitieux, avide d'instruction sinon de diplômes, Louis Destouches quitte la Fondation Rockefeller et prépare son bac.
1919
Janvier
- Le dernier numéro d’Euréka sort en janvier. Louis Destouches prépare le baccalauréat, diplôme qu’il situera toujours avant la guerre… le rapprocher de son mariage avec Edith Follet lui paraissait une faiblesse de sa biographie.
Avril
- Le 2 avril, il passe la première partie du bac à Bordeaux. En application d'un décret limitant l'examen aux seules épreuves orales pour les anciens combattants (latin-langues, mention bien).
Juillet
- Le 2 juillet, il passe la deuxième partie du bac à Bordeaux. (Philosophie, mention bien). |
|
|
|
|
- Le 15 juillet 1919, en se recommandant de la revue Fantasio, Louis Destouches écrit à Gaston Picard pour obtenir l’adresse de Chana Orloff à laquelle il aimerait acheter des statuettes. Chana Orloff est encore peu connue à l’époque. Née en Ukraine en 1888, fuyant les pogroms russes de 1905, après séjour en Palestine, elle arrive à Paris en 1911, s’installe à la Ruche, fréquente Modigliani, Soutine, Pascin, Kisling, Zadkine, Chagall et Picasso, expose deux bustes en bois au Salon de 1913 et tout en sculptant maternités, femmes et enfants, animaux, elle deviendra en 1924 la portraitiste attitrée de l’élite parisienne.
Chana Orloff crut à une blague et ne donna pas suite à la demande. L’étudiant en médecine avait pourtant eu du flair. En 1937, une salle du Petit Palais sera réservée à Chana Orloff, et à Tel-Aviv, un musée lui sera consacré à sa mort. |
|
|
|
|
|
|
|
Edith Follet et Louis-Ferdinand Destouches.
|
|
|
|
Août
- Epouse Edith Follet le 19 août 1919 à Quintin, dans les Côtes-du-Nord. Le couple s'installe 6 quai Richemont, à Rennes, dans le même immeuble que les Follet. Sa belle-mère, Marie Follet lui offre un tableau de Degas en cadeau de mariage. Le couple Follet s'engageait par contrat à verser une pension aux nouveaux mariés durant toute la durée des études de Louis.
Ses beaux-parents réservèrent au jeune ménage une chambre et un salon au rez-de-chaussée de l'immeuble qu'ils occupaient. Louis et Edith prenaient tous leurs repas chez les Follet, à l'étage supérieur, et ceux-ci se gardaient de trop empiéter sur l'indépendance du couple. Il entreprend des études de médecine tambour battant. |
|
|
|
|
Novembre
- En novembre, s’inscrit à la Faculté des Sciences de Rennes pour préparer le certificat d’études physiques, chimiques et naturelles.
1920
Mars
- Il travaille énormément, il investit la bibliothèque, la transforme en cabinet de travail, s'y enferme, voit peu sa femme et encore moins sa belle-famille. Ses études l'accaparent.
- Le 26, il obtient le PCN, un certificat d’études en sciences physiques, chimiques et naturelles, qui l'autorise à s'inscrire en médecine. Quatre jours plus tard le dossier d'inscription est rempli, rendu, validé. |
|
|
|
|
Juin
- Le 15 juin, naissance de sa fille unique Colette.
Il ne désirait pas d'enfant. Son pessimisme ne s'accordait pas à cette marque de confiance et de foi dans la vie. Mais son épouse s'en félicitait.
Durant l'été 1920, Louis travailla à Roscoff au laboratoire de zoologie marine. Il y donna une communication sur les Convoluta et l'année suivante, sur les Galleria Mellonella. |
|
|
|
|
|
|
| Au laboratoire de biologie marine Roscoff, 1920. |
|
|
Se contenta-t-il jusqu'aux années 1922 de passer sans encombre ses examens et de demeurer auprès de sa femme ? Il semble que ces années d'études furent aussi pour lui des années d'intenses lectures. Rabelais, Dickens, Tallemant des Réaux, Remy de Gourmont...
Des années où il se ménagea de vastes espaces de solitude : promenades en forêt, équitation... Des années de dissipation, peut-être, si l'on en croit Marcel Brochard.
|
|
|
|
|
" Anarchiste déjà tu étais, Louis. Brutal aux aspects puérils, révolutionnaires, égalitaires, oui ! Ton entrée dans un salon rennais faisait sensation. Le chapeau genre cow-boy sur l'oreille, tu disais salut à la ronde, et une fois assis on ne voyait que tes gros souliers. L'homme aux gros souliers, disait ma petite Jacqueline tout enfant !
Quelle instabilité ! A peine entré dans un cinéma, dans un café, que sorti ! A peine tenant une fille qu'il en fallait une autre, et souvent sans y toucher. A peine écrite une demi-page ? le style, le destinataire et l'idée changeaient, mêlant le meilleur et le pire. "
1922
Novembre
Louis Destouches a passé, en deux ans et demi, l'équivalent des quatre premières années du cycle normal. Avant d'avoir terminé son dernier examen de médecine à Rennes, il vient faire, en novembre, un stage à la maternité Tarnier à Paris dans le service du professeur Brindeau. |
|
|
|
|
Reçu à tous les examens que l'Ecole de médecine de Rennes est habilitée à délivrer, il obtient l'autorisation de s'inscrire à la Faculté de Paris.
1923
Janvier
- Janvier, 2ième stage obstétrical à l’hôpital Cochin à Paris. (Professeur Delbet).
- Fernand Destouches, le père, est nommé sous-chef de bureau de la Cie d’assurances Le Phénix. |
|
|
|

|
| Avec son père à cheval |
|
|
|
|
|
| Destouches à Rennes, années 20 |
|
|
|
Juin-Août
- Remplacement du Dr Porée à Rennes. Fin juin, il a passé à Paris ses deux dernières cliniques (externe et obstétricale).
Août-Octobre
- Le Dr Destouches débute à Rennes en remplacement du Dr Follet, son beau-père. |
|
|
|
Novembre
- En novembre, il a fréquenté l'Institut Pasteur, le laboratoire de Félix Mesnil et rencontré le Dr Serge Metalnikov (Parapine de Voyage). Edith et Louis emménagent en meublé à Paris en novembre 1923. |
|
|
|
|
| Les belles années rennaises |
|
|
|
| Et vient le temps de la rédaction de sa thèse de médecine consacrée à la vie et l'œuvre du médecin hongrois Philippe Ignace Semmelweis. Le professeur Brindeau et son beau-père lui avaient conseillé ce sujet. Un sujet parfaitement accordé à son tempérament et à ses rêves qui constitua donc aussi la matière de sa première œuvre vraiment personnelle.
1924
Janvier
- Nouveau remplacement du Dr Porée à Rennes.
Avril
- Le 4 avril, il dépose à la faculté les 500 exemplaires réglementaires de sa thèse de médecine.
Mai
- Le 1er mai, devant un jury où se tiennent les professeurs Follet, Gunn, et Brindeau, il soutient sa thèse de médecine sur la vie et l'œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818-1865), précurseur hongrois dans la lutte contre l'infection puerpérale. |
|
|
|
|
|
|
- La recherche médicale ne cessait de l'intéresser. Allait-il entrer à L'Institut Pasteur ? Sans doute l'aurait-il fait si un stage rapide accompli en novembre 1923 n'avait achevé de le dégoûter de cette morne entreprise bureaucratique qu'il peignit, dans le Voyage, sous le nom d'Institut Bioduret Joseph. Les professeurs Emile Roux et Serge Metalnikov qu'il y avait rencontrés se reconnurent plus tard dans ce roman sous les traits de Jaunisset et de Parapine.
Pouvait-il rêver mieux qu'un poste à la Société des nations à Genève avec ses promesses de nombreuses missions ? |
|
|
|
|
Juin
- Grâce à l'appui de Selskar Gunn, de la Fondation Rockefeller, il rencontre le Dr Ludwig Rajchmann (Yudenzweck dans L'Eglise et Yubelblat dans Bagatelles pour un massacre) et obtient d'être détaché comme hygiéniste à la Société des Nations.
- Le 21, il quitte Rennes. Son contrat courant jusqu'à la fin de 1927. Il est prévu que sa femme et Colette viennent le rejoindre en Suisse, le temps qu'il organise leur installation.
|
|
|
|

|
| Dr Ludwig Rajchmann |
|
|
|
|
|
| Le comité d'hygiène de la SDN, Céline au centre |
|
|
|
|

|
| 11 Route de Florissant, Genève |
|
|
|
- Le 26, nommé pour trois ans, il s'installe à Genève à l'hôtel " La Résidence ", 9-11 route de Florissant et y vit séparé de sa femme, qui devait venir le rejoindre. Plus jamais ils ne vivront ensemble.
- Fin juin : La Presse Médicale publie " Les derniers jours de Semmelweis ", un résumé de sa thèse.
|
|
|
|
|
Août
- Le 10 août 1924, le docteur Louis Destouches signe son contrat pour être nommé au poste de « responsable des échanges de médecins spécialistes. » Nomination pour une durée de trois ans avec une fin de contrat au 31 décembre 1927.
Sous l’égide de cette organisation internationale, il se verra confier la direction d’une délégation de médecins sud-américains qui va l’emmener à traverser l’Amérique du Nord. De Cuba en Louisiane, de New York à Montréal, les quatre mois de voyage à un rythme soutenu.
Objectif du voyage : la création d’un réseau mondial d’échanges visant à l’amélioration du niveau de santé publique.
- De novembre 1924 à janvier 1925, première mission de Destouches au Pays-Bas et à Paris. Il visite à La Haye un musée présentant des dispositifs de protection des machines pour éviter les accidents corporels des ouvriers.
Décembre
- Entre le 24 et le 30, Louis reçoit Edith et Colette... Colette apprend à dessiner avec un Chinois, Edith se sent de trop dans le tourbillon. |
|
|
|
|
1925
Février
Mission médicale aux Etats-Unis et en Europe pour le compte de la Société des Nations.
- Le 14 février 1925, il s’embarque sur le Minetonka II, cargo de commerce de l' "Atlantic Transport Line ", pour l’Amérique. Son vieux rêve se réalise. Voir en vrai ce fameux nouveau monde vu au cinéma. Destouches est chargé d'accompagner et de diriger jusqu'au 8 août une mission médicale composée de dix membres sud-américains en Amérique du Nord et en Europe.
Il débarque à New York, la " ville debout " le 22 février et descend à l'Hôtel McAlpin. Cet hôtel, à l'angle de Broadway et de la 34th Street, ne fait pas que dominer le métro aérien évoqué dans Voyage... |
|
|
|
|
|
C'est le plus grand hôtel du monde. Il a vingt-cinq étages, couleur brique, avec un hall d'entrée de style Renaissance italienne et des tapisseries racontant l'histoire maritime de la ville. Il peut accueillir 2 500 personnes, est équipé de 1 800 téléphones, d'un petit hôpital et d'une piscine.
- Le 24, Destouches écrit à Rajchman : " Mon cher Directeur, Nous sommes arrivés après toutes sortes de délais et de contre-marches, brouillard, mauvais temps, etc… J'irai voir les Rockefeller demain. Tout ce que je vois ne ressemble à rien, c’est insensé comme la guerre »
Mars |
|
|
|
|

|
| La délégation, 1925. |
|
|
- 2 au 9 mars 1925 : Cuba.
Le passage à La Havane a pour but essentiel de rassembler le groupe de médecins latino-américains. Avant l’arrivée de tous les participants Destouches est accueilli à la Direction de la Sanidad « grand et magnifique palais », un ministère qui « possède par ailleurs des moyens financiers qui surpassent ce qu’on pourrait imaginer quand on a vécu en Europe ».
La qualité des infrastructures médicales et le faste de la ville frappe le médecin dès son arrivée : « L’or en effet ruisselle . |
|
|
|
à Cuba. […] J’ai visité un hôpital Mercedes où sont réunis pour le bien de 200 malades à peine tout ce que la science moderne peut offrir de plus coûteux y compris 500 milligrammes de radium. L’aspect de la ville et de ses environs a quelque chose d’invraisemblable par le luxe et la beauté réelle de l’ensemble » mais il remarquera tout de même quelques jours plus tard que « les prix de toutes choses sont terrifiants et notera « aucune réception officielle, aucune auto, rien. L’accueil charmant mais réservé. »
Tous les médecins étant réunis, le départ de La Havane pour les Etats-Unis est prévu le 7 mars. |
|
|
|
- 10 au 21 mars 1925 : Louisiane.
Il séjourne à La Nouvelle-Orléans et parcourt pendant une dizaine de jours la Louisiane en auto, visitant plusieurs villes et villages (New Iberia, Crowley, Alexandrie, Lake Charles, Monroe, Shreveport, Bâton-Rouge, Houma), se mettant au courant des conditions agricoles, industrielles et sociales dans les Etats du Sud. La Nouvelle Orléans aura droit à un jugement sévère : |
|
|
|
|
|
« ville infiniment sale et ce quartier français le plus malpropre d’entre tous ». Un accident, conséquence peut-être du rythme « frénétique » des visites en Louisiane est intervenu le 16 mars entre Lake Charles et Shreveport : « la première de nos trois voitures où nous étions Dr Rowling conducteur, Alavarez, Gubetich et moi-même au passage d’un pont trop étroit a renversé une Ford dans une petite rivière… »
- Le 16 mars, publication dans Candide, hebdomadaire de droite, d’une postface à Voyage au bout de la nuit : « Qu’on s’explique. » |
|
|
|
|
|
| Calvin Coolidge, 1923-1929 |
|
|
|
Mars-Avril
- 22 mars au 3 avril : Mississipi et Alabama.
Arrivée à Jackson dans l’Etat du Mississipi le 22 mars. Reçus à déjeuner par le Gouverneur, suivra une série de conférences, la visite d’un asile d’aliénés, de cliniques, d’hôpitaux et de laboratoires.
- 6 au 11 avril : Washington.
Après une rencontre à New York avec les responsables de la Fondation Rockefeller, la délégation est à Washington pour le point culminant de cette tournée américaine : une rencontre à la Maison-Blanche avec le Président des Etats-Unis, Calvin Coolidge, fraîchement élu, |
|
|
|
|
« puritain du Massachusets que les américains appelaient « Silent Cal » et dont le faciès dénué d’expression était d’une tristesse comparable à celle du masque de Buster Keaton ».
- 18 au 28 avril : New York.
Le marathon continue : des écoles, trois abattoirs, un égout collecteur, plusieurs administrations, des cliniques, une station de quarantaine. Le 27, c’est Ellis Island et son service d’inspection des immigrants qui est visité. Un passage en restera dans les souvenirs du futur Céline, source d’inspiration d’une scène de Voyage au bout de la nuit. |
|
|
|
|
Mai
- 5 au 8 mai : Détroit et Pittsburgh.
De cette visite sortiront les principaux enseignements que retiendra Céline de son voyage américain et qu’il regroupera dans deux rapports : « Note sur l’organisation des usines Ford à Detroit » et « Notes sur le service sanitaire de la compagnie Westinghouse de Pittsburgh ».
Il écrira : " Nous sommes venus à Detroit avec l'intention de savoir si l'hygiène appliquée à l'industrie |
|
|
|

|
| Invention usines Ford, chaîne de montage, 1914. |
|
|
|
augmentait le rendement de cette industrie, la chose nous est apparue prouvée par l’expérience de la maison Westinghouse à Pittsburg ; mais chez Westinghouse les produits fabriqués sont divers encore, la standardisation n’est pas encore possible, l’ouvrier garde sa valeur d’ouvrier. […] Chez Ford la santé de l’ouvrier est sans importance, c’est la machine qui lui fait la charité d’avoir encore besoin de lui, les facteurs sont inversés. "
- 10 au 21 mai : Le Canada.
Niagara est la dernière étape américaine avant l’arrivée en terre canadienne le 10 mai. A Toronto, Ottawa, Montréal, Trois-Rivières, Grand’Mère et Québec, conférences, banquets et visites rythment le séjour. La presse locale fera largement échos au passage de la délégation internationale à la Faculté de Médecine de Montréal, aux visites de la laiterie de Joubert pour assister à la pasteurisation, au musée, à l’hôpital Notre-Dame, ou au dispensaire anti tuberculeux de Trois- Rivières. |
|
|
|
|
|
|
- Le 22 mai 1925, départ pour l’Angleterre sur Le Mont Royal qui accostera à Liverpool le matin du 30 mai.
Juin
- Juin : publication de La quinine en thérapeutique chez Douin à son compte.
Juin-Août
- Belgique, Hollande, Suisse (Genève, Bâle, Berne), Paris, Lyon, Lille, Italie (Rome, Ferrare, Turin). |
|
|
|
|
- Du 18 juillet au 8 août 1925, les travaux du groupe sud-américain sous la houlette du Dr Destouches se poursuivent en Italie, au titre de la S.D.N., mission médicale en Italie. Elle fut officiellement reçue par Mussolini le 3 août.
Août-Décembre
- Genève, avec des voyages à Paris, La Haye et Bruxelles.
- Décembre : il emménage à Champel (Genève), chemin de Miremont, où une amie de Rennes, Germaine Constant, séjourne quelque temps avec lui. |
|
|
|

|
| 35 d chemin de Miremont à Champel |
|
|
|
|