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" AU COMMENCEMENT ÉTAIT
L'ÉMOTION..."
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Kléber Haendes
L'œuvre de Céline restera
dans ses moments forts
comme la plus grande
épopée populaire qu'aucune
littérature ait jamais pu
créer. Elle a inventé un
monde presque fabuleux où
l'on entend la terrible
musique de notre siècle, où
la réalité la plus nue,
demeure toujours présente,
où le Petit Poucet est
désormais le mince enfant
des faubourgs, où les
remorqueurs sur les rivières
et les cheminées des usines
remplacent les tapis volants
et les forêts des contes, où
le rire le plus violent et
le plus amer qui ait jamais
frappé les oreilles des
hommes éclate à chaque page,
se mêlant à la rumeur du
monde, s'arrêtant parfois
pour nous faire entendre un
air délicieux de mélancolie.
(Paris-Presse,5juillet 1961)
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André
Brissaud
On a fait de Céline un loup
enragé, un infâme collabo,
un pornographe, un
scatologue, un anticlérical,
un
antisémite, un
antimilitariste, un
antibourgeois, un
anticonformiste, un
anticommuniste, un anti
n'importe quoi. Parce qu'il
a tout fait voler en éclats,
aussi bien les formes
classiques de la littérature
que le langage
conventionnel et la syntaxe
sclérosée, on a hurlé au
sacrilège et on l'a
condamné.
Mais qu'on relise les livres de Céline ! On verra que cette
poésie frénétique -
souvent sarcastique - cet
irrespect total, cette
fresque
digne de l'Apocalypse, cette
violence verbale parfois
irritante, ne sont que les
produits d'une générosité
incomprise, bafouée ; d'une
sensibilité immense et d'une
pitié impatiente.
(L'Herne 1963). |
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François Gibault
Condamné
à suivre Céline dans tous
ses phantasmes, à se
promener avec lui dans ses
décors de fin de monde, au
milieu de ses personnages de
Grand Guignol, le
célinien attentif découvre
aussi, à chaque page de
son œuvre, des gestes
simples, des petits riens
qui déchirent son masque.
Alors il apparaît tel qu'il était : fragile, sensible comme un enfant,
souffrant de toutes les
misères, tragique et
désespéré.
(BC
n° 267, sept. 2005).
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" PASSER DANS L'INTIMITÉ
MÊME DU LANGAGE... " |
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Pol Vandromme
L'écriture de Céline
restaure ce qui avait été
aboli par la dictature des
littérateurs exsangues.
Ce qu'il nomme " sa petite musique ", c'est le grand chant des origines :
la montée des sèves et des
marées, leur
bouillonnement, leur fracas.
" Au commencement
était l'émotion "
; " La
vérité de ce monde c'est la
mort ".
Ces deux maximes sont
les phrases clefs et
Céline va de l'une à
l'autre.
Le langage chez lui a une fonction rédemptrice : sauver la littérature en
la restituant à l'intégrité
de sa vie sensible et
fondamentale ; sauver le
monde en mettant l'homme en
face de sa misère pour qu'il
la prenne enfin en horreur.
Il faut aller au bout de sa nuit pour courir la chance d'accueillir
son matin profond.
(Céline et Cie, L'Age
d'Homme, 1996, p. 65). |
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Paul Del Perugia
Sous
son ciel d'orage, Céline
marchait une lanterne sourde
à la main. Elle éclairait
des pans de cité
comme Paris, Londres,
des ouvriers d'Amérique, les
nègres du Cameroun les
passants de Leningrad,
c'est-à-dire des peuples de
travailleurs, de soldats,
d'enfants, de braves gens
souffrant d'inquiétudes dont
ils ne discernaient pas la
nature. Comment un "
chroniqueur et un mystique
" peut-il nous faire
communiquer avec eux par les
mots ?
Lui qui dévoilait des fonds de lectures étonnantes et tombant toujours
juste, citait, à l'occasion,
des textes rares de
mystiques comme Ruysbrok
l'Admirable. " Vous
connaissez, nous confie
Louis-Ferdinand Céline, le
mot de Ruysbrok rendu léger
par l'ascétisme, il
promenait son âme dans la
main et la donnait à qui
voulait. "
(Céline
et l'âme, BC n° 158). |
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Marc Vidal
Mais ce qu'on lui doit
surtout, et qui me fait
penser qu'il est le génie
littéraire du XXe siècle
français, c'est l'ampleur de
la leçon qu'il nous donne,
pour nous apprendre à rayer
le mot " espoir " de
notre vocabulaire. Céline,
c'est la redécouverte du
tragique au quotidien, du
tragique de gouttière, pas
de théâtre.
Ce que certains saisissent
après lecture de dizaines de
livres d'histoire, la
lecture du
Voyage,
de Mort
à crédit ou de Mea
culpa le donne
après quelques heures de
lecture.
Comprendre toute la chiennerie des hommes, toute la vacherie du monde,
et savoir qu'il faut quand
même se coltiner une
existence, c'est un beau
cadeau. Céline nous apprend
dans quelle sale banlieue on
vit, peuplée de
sales bignoles et de
faux-culs toujours prêts à
se reconvertir en bourreaux,
à vous vendre ou à
vous bouffer, pourvu que
ce soit sans risque.
(Bulletin célinien n° 145,
octobre 1994).
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" A L'INTÉRIEUR DE L'ÉMOTION
ET DU LANGAGE... " |
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Pierre
Ducrozet
Cette musique
si particulière, syncopée,
comme rythmée par un canon,
cette symphonie écumeuse,
éructante, lyrique à
souhait, portée par un
fabuleux éclat de rire et un
cœur prêt à se rompre...
L'émotion dont parle Céline, c'est la fièvre. L'art, ce n'est pas
autre chose, une
fièvre tenace, la musique
du sang. Céline est
un ultra-sensible, et comme
tous les sensibles, il
souffre, il voit double, il
déforme le réel pour pouvoir
le supporter.
Il a les nerfs à vif, sa plume tressaute, mais son génie - le revoilà
celui-là - est de ne pas
faire dérailler ce " métro
émotif ", de garder la
mesure, de faire danser le
feu dans sa paume en
l'attisant, jusqu'à
l'embouchure, jusqu'au
silence. "
(Spécial Céline n°15, Le métro émotif, Relecture, hiver 2014). |
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Pierre
Lalanne
Alors, ils s'acharnent tous
à coincer la bête dans un
coin pour mieux la cerner,
plutôt que de la laisser
s'envoler, la suivre, la
regarder s'épanouir et voir
jusqu'où
elle va nous mener.
Décidément le monstre est trop effrayant pour les sensibles, l'accepter
dans son entité
est impossible, car, trop
s'y frotter, c'est s'y
brûler !
Avec ce souffle qui nous pousse toujours plus loin, qui nous essouffle à
force de chercher à
le rattraper et...oh
! Horreur ! à réfléchir
à autre chose que son propre
nombril ! Comment des mots,
en apparence banals,
des mots
retournés, échevelés,
écartelés et trempés dans
une mixture de sorcière,
peuvent rendre des émotions
aussi vives, aussi denses ?
Le mystère de la musique...
(Devenir
célinien, L’Ombre de
Louis-Ferdinand Céline,
1er mars 2010).
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Pierre
Ducrozet
Cette musique
si particulière, syncopée,
comme rythmée par un canon,
cette symphonie écumeuse,
éructante, lyrique à
souhait, portée par un
fabuleux éclat de rire et un
cœur prêt à se
rompre...
L'émotion dont parle Céline, c'est la fièvre.
L'art, ce n'est pas autre chose, une fièvre tenace, la musique du sang.
Céline est
un ultra-sensible, et comme
tous les sensibles, il
souffre, il voit double, il
déforme le réel pour pouvoir
le supporter. Il a les nerfs
à vif, sa plume
tressaute, mais son génie -
le revoilà celui-là - est
de ne pas faire dérailler ce
" métro émotif ", de garder
la mesure, de faire danser
le feu dans sa paume en
l'attisant, jusqu'à
l'embouchure, jusqu'au
silence. "
(Spécial Céline n°15, Le métro émotif, Relecture, hiver 2014). |
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Georges Bernanos
Et plus vrai encore que la
peinture ce langage inouïe,
comble du naturel et de
l'artifice, inventé, crée de
toutes pièces à l'exemple de
celui de la tragédie, aussi
loin que possible d'une
reproduction servile du
langage des misérables, mais
fait justement pour exprimer
ce que le langage des
misérables ne saura jamais
exprimer, leur âme puérile
et sombre, la sombre enfance
des misérables.
Et certes, nous
conviendrons volontiers
qu'il est des images plus
rassurantes de la société
moderne, et par exemple
l'image militaire : à droite
les Bons pauvres, gratifiés
d'un galon de premier
soldat, de l'autre les
Mauvais, qu'on fourre au
bloc... Seulement n'importe
quel vieux prêtre de la
Zone, auquel il arrive de
confesser parfois les héros
de M. Céline, vous dira que
M. Céline a raison. "
(Au
bout de la nuit, le Figaro,
13 déc. 1932). |
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"
LE RYTHME ME DONNE MES RAILS
ET JE
N'EN SORS JAMAIS... " |
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Marc
Laudelout
A l'instar de Proust,
auquel on l'a souvent
comparé, il maîtrise
une écriture en rupture avec
les écrivains qui l'ont
précédé.
Elle est à la fois radicalement neuve et inimitable.
Céline a véritablement créé une poétique à la mesure de son imaginaire.
Il l'a définie lui-même : l'introduction de l'émotion du langage parlé
dans la langue écrite.
" C'est rare un style.
Un écrivain il y en a un,
deux, trois par génération ",
dit-il à la fin de sa vie à
Louis
Pauwels.
Nul doute que Céline fait partie de ces écrivains.
Encore faut-il ajouter que cette écriture véhicule des appréciations et
des émotions qui n'avaient
pas
été exprimées de la sorte
avant lui.
(Joseph Vebret, Céline
l'Infréquentable, entretien
inédit réalisé en mars 2011,
avec la complicité de
Frédéric Saenen, Jean
Picollec, mai 2011, p. 103).
On
passe, à mon sens, à côté de
l'essentiel : tout
l'aspect métaphorique et
poétique d'une œuvre qui est
avant tout placée sous le
signe de l'émotion pure,
bien davantage que sous
celui des idées.
(Propos recueillis par Charles Champetier,
louisferdinandceline.free.fr/bulletin). |
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Eric
Mazet
Seul dans l'arène, bien avant Guernica, Céline avait entonné son Canto
puro, prévoyant que du ciel
tomberaient les foudres. Le
ton était donné. Sans le ton
du délire adopté sciemment,
Bagatelles serait
illisible, mortellement
ennuyeux comme l'est
La France
juive de Drumont.
Contre la langue morte des politiciens, des journalistes, des écrivains
néo-classiques, de droite ou
de gauche, fascistes ou
communistes, la majorité des
gens lettrés, cultivés,
raffinés, contre le mensonge
de leur langue
morte, convenue, et de
leurs idées générales,
abstraites, inutiles, le
délire célinien se dresse
comme un cri de liberté,
d'individualisme,
d'authenticité. Contre le
discours du sous-préfet aux
champs, le faux raffinement
du fin lettré chinois, la
version latine et la
rédaction composée,
synonymes de mort, le verbe
de Céline revendique
une liberté et une vitalité,
une contestation
individuelle jaillie
de l'émotion personnelle,
inimitable, un refus de tout
embrigadement idéologique,
d'abrutissement
publicitaire, de
conditionnement
intellectuel.
(Propos recueillis par
Emeric Cian-Grangé, Le Petit
Célinien, 1er juillet 2012).
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Bruno De Cessole
Et puis, le vertige du nihilisme qui balaie toutes les illusions
idéalistes, les crétineries
idéologiques, les fades
promesses de tous les
arrière-mondes.
D'un coup tous les autres livres à venir dévalués,
annihilés. En ce sens, rien
de plus juste que le
jugement de Céline sur le Voyage,
dans sa lettre à Gallimard
: " Une symphonie
littéraire, émotive, plutôt
qu'un véritable roman "
Lui-même a vendu la mèche dans les Entretiens avec le professeur Y
où il déclare : " Je suis
qu'un petit
inventeur, monsieur !... un
petit truc ! [...] l'émotion
dans le langage écrit !...
Le langage écrit était à
sec,
c'est moi qui ai redonné
l'émotion au langage écrit
!... c'est pas qu'un petit
turbin je vous jure !...
retrouver l'émotion du "
parlé " à travers l'écrit !
C'est pas rien... c'est
infime, mais c'est quelque
chose ! "
Il ne s'agit pas bien sûr, de la transposition du
langage parlé, populaire,
dans la littérature - Céline
n'est pas le Jehan-Rictus du
XXe siècle -, mais d'une
alchimie complexe, d'un
travail obsessionnel sur la
langue, infiniment repris et
remanié, avec un souci
maniaque du rythme et de la
musique de la phrase, de
la métaphore la plus
parlante, de l'onomatopée la
plus suggestive.
(Entretien inédit,
in Joseph Vebret, Céline
l'Infréquentable, Jean
Picollec, mai 2011, p. 75). |
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"
JE NE SORS JAMAIS DE
L'EMOTION NON PLUS... " |
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Louis Nucera
Un jour, enfin, j'ouvris
Voyage au bout de la nuit,
ce livre qui dormait d'un
sommeil d'explosif à la
vitrine d'un libraire. (...)
Je découvrais l'œuvre d'un
homme qui propageait
instinct et émotion comme se
propage la lave en fusion,
un homme qui se délivrait de
l'entrelacs des illusions
dans une langue que les
cancres savants ignoreront
toujours.
Cet homme de culture avait aussi appris la vie dans la vie : la guerre,
les voyages, le dispensaire
d'une
banlieue de fin du monde.
Il ne se penchait pas sur
ces compagnons de déroute et
de misère avec un idéalisme
de commande dans le but de
tonifier (démagogiquement)
le lecteur ou de se
requinquer soi-même.
(...) Depuis, pour moi, nul auteur n'a supplanté Céline dans ce Panthéon
personnel que chaque
amoureux des livres édifie.
(Un aventurier du
langage, Van Bagaden,
Céliniana, 1990). |
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Jean-Paul Mugnier
Le temps passa. L'écrivain,
s'éloignant de mes
préoccupations, gardait son
mystère.
J'avais moi-même besoin d'écrire, pour tenir une
promesse que je m'étais
faite enfant.
(...) Relire Mort à
crédit près de
vingt-cinq ans plus tard
me permettrait-il enfin
de trouver une réponse à mon
questionnement d'adolescent
?
Je pris le livre, me remis à la lecture et, presque
stupéfait, y retrouvai, au
fil des pages, toutes les
observations cliniques
recueillies depuis des
années dans la prise en
charge des enfants abusés.
(...) La lecture de Céline est affaire d'émotion. Au-delà de ma
compréhension de l'écrivain,
c'est l'émotion qu'il a
suscitée en moi que j'espère
partager avec le lecteur.
Une émotion semblable
à celle que fait naître
la prise en charge
des enfants maltraités.
(Extrait de L'enfance
meurtrie de L.F.Céline, éd.
L'Harmattan, BC n°216, janv.
2001). |
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Alexandre Jardin
" A douze ans, le Voyage
au bout de la nuit est
entré dans ma vie. Le verbe
de Céline m'a fait
sentir, avec brutalité, que
le français restait
à violer, que notre
langue était disponible
pour toutes les
aventures stylistiques. Ce
roman singulier m'a écarté
de la littérature tant mon
émotion était vive lorsque
je lisais les déambulations
de Bardamu ; tout le reste
me semblait fade, inerte.
Seul, le grand Louis-Ferdinand me précipitait dans les affres, seule sa
prose me donnait la mesure
de mes propres sensations.
Il y avait dans ses phrases plus d'or que je n'en avais jamais trouvé sous
une couverture de livre. Lui
seul savait me réveiller
avec des mots.
Plus tard, j'ai relu ce texte faramineux : ma première émotion se poursuit
encore dès que je soulève la
vieille couverture de chez
Denoël et Steele. Céline
me rend mes dix ans. "
(Infomatin, 2 juin 1995). |
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Que
cherchez-vous à montrer ?
- L'émotion.
Le biologiste Savy a dit une
chose très juste : au
commencement était l'émotion
et pas du tout au
commencement était le verbe.
Quand vous chatouillez une
amibe, elle se rétracte,
elle a de l'émotion ; elle
parle pas, mais elle a de
l'émotion. Le bébé pleure,
le cheval galope, à l'un, à
l'autre, il faut apprendre à
parler, à trotter. Seulement
nous on nous a donné le
verbe. Ça donne l'homme
politique, l'écrivain, le
prophète. |
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Claude Sarraute |
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Le verbe, c'est horrible,
c'est pas sentable. Mais
arriver à la traduire cette
émotion, c'est d'une
difficulté qu'on n'imagine
pas... c'est horrible...
c'est surhumain... c'est un
truc qui vous tue
le bonhomme.
(Interview avec Claude Sarraute, Le Monde, Cahiers Céline 2, Céline
et l'actualité littéraire
1957-1961, NRF, Gallimard,
18 février 1982, p.170). |
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