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ANNEE 2019
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ANNEE 2020
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ANNEE 2021
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ANNEE 2022
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CELINE EN PHRASES

 


DOUZE MÉTIERS, TREIZE MISÈRES

(Et premiers voyages à l'étranger)

 

 

La mort de Céline Guillou va apporter de l'aisance au couple Destouches. Après une dure vie de labeur, la grand-mère laisse un patrimoine financier et immobilier conséquent. Bien entendu, pour Fernand et Marguerite, il ne s'agit pas de dilapider cet héritage en futilités, mais de le préserver pour pouvoir investir dans leur progéniture.

 Autre changement notable, en 1905-1906, le jeune Ferdinand est retiré de l'école communale pour être placé dans un établissement scolaire privé. Sans trop de succès puisqu'il n'y restera qu'une année avant de regagner l'école publique, celle de la rue d'Argenteuil où il effectuera sa dernière année scolaire jusqu'au certificat d'études. 

 

 

 

Entouré de ses parents, Fernand et Marguerite Destouches.
Il a 9 ans.

 

Première communion, 18 mai 1905,

à 11 ans

 

 

A l'instigation de sa mère, très croyante, le jeune homme reçoit également une éducation catholique et fera sa communion à l'église Saint-Roch que sa mère fréquente régulièrement. Hélas pour elle, sans plus de succès qu'avec l'école... " Dieu est en dérangement " écrira Céline plus tard.
 L'année 1907 est aussi cruciale pour l'avenir du jeune homme. Le certificat d'études en poche, vers quelle carrière l'orienter ?

 

Le matin du certificat, ma mère a fermé sa boutique pour pouvoir mieux m'encourager. Ça se passait à la Communale près de Saint-Germain-l'Auxerrois dans le préau même. Elle me recommandait en route d'avoir bien confiance en moi-même. Le moment était solennel, elle pensait à Caroline, ça la faisait encore pleurnicher...
Tout autour du Palais-Royal, elle m'a fait réciter mes Fables et la liste des Départements... (Mort à crédit).

 

Si l'on en croit la parole de Céline - toujours à prendre avec précaution même si cette fois-ci, elle semble plausible - Fernand Destouches ne désirait pas que son fils poursuive de longues études, alors qu'il en avait la possibilité financière. Quant à sa mère, elle souhaitait que son Ferdinand devienne " acheteur de grands magasins ", ce qui, pour cette petite boutiquière, représentait le sommet.

 Le père de Louis, s'il pestait contre les grands magasins, il avait tout de même bien compris qu'il n'y avait aucun avenir pour son fils dans le petit commerce. En revanche, le développement prodigieux des voies et des moyens de communication, les progrès de l'industrie et les conquêtes coloniales ne pouvaient à ses yeux que favoriser le commerce entre les nations.
  Comme Louis avait du charme, beaucoup de gentillesse et de bagout, il ferait sans aucun doute facilement carrière dans le commerce, au contact de la clientèle. C'était aussi l'idée de Mme Destouches : " L'ambition de ma mère était de faire de moi un acheteur de grand magasin. Il n'y avait pas plus haut dans son esprit. " (Interview de Louis Pauwels, Cahiers Céline n°2, p.123). Il fallait donc qu'il commence comme vendeur dans une grande et solide maison de commerce, et puis ensuite... s'il en avait les capacités... une fois qu'il aurait mis le pied à l'étrier, il n'aurait plus qu'à gravir les échelons. (F. Gibault, Le Temps des espérances, p.72).
 

 Il est décidé que le fiston travaillera dans le commerce, et, si possible, un commerce prestigieux et lucratif. Mais avant de le lancer dans le grand bain de la vie professionnelle, le couple décide de lui donner des chances supplémentaires en l'envoyant à l'étranger pour apprendre des langues. Un privilège rare que nombre d'enfants de l'époque n'imaginaient pas.

 

 

                                      VOYAGES À L'ÉTRANGER


 
 En 1909, Louis-Ferdinand va passer neuf mois dans une école publique à Diepholz, puis à Karlsruhe pour apprendre l'allemand. Et à nouveau l'année suivante, alors que la Seine déborde jusqu'à la gare Saint-Lazare, il est expédié en Angleterre, à Rochester pour étudier l'anglais. Avec succès puisqu'il maîtrisera toujours correctement les deux langues.

 

 

 

              Schule - Diepholz

 A la fin du mois d'août 1907, les Destouches envoyèrent donc Louis dans une petite bourgade du Hanovre, Diepholz, où il suivit les cours de la Mittelschule.
Le paysage était triste et maussade, l'enfant ne parlait au début pas un seul mot d'allemand, il logeait en ville chez un particulier, Hugo Schmidt.
 Ses parents l'avaient accompagné à Diepholz. A la Toussaint, sa mère vint le voir. A Noël, ce fut son père qui fit le voyage.
  (F. Gibault, p.75).
 

 

        University School de Rochester

 En février 1909, Fernand Destouches accompagna son fils à Rochester, dans le Kent. Il l'avait inscrit à l'University School, une bâtisse formée de deux maisons mitoyennes que tenait un couple, M. et Mme Toukin.
Autant Céline n'évoqua jamais ses voyages d'enfant en Allemagne, autant il donna de ses premiers séjours en Angleterre des relations longues, passionnées et délirantes.
L'University Scool devint dans
Mort à crédit le fameux " Meanwell College ".

(Frédéric Vitoux, La vie de Céline, Belfond, 1978).

 

Le jeune étudiant en Angleterre

 

 

Il s'agit alors de placer l'enfant comme apprenti. Mais la famille Destouches cultive une certaine honorabilité et a des exigences.

De retour d'Angleterre et muni - on imagine bien la scène - d'un tombereau de recommandations, le jeune homme est " placé " pour six mois dans des établissements du quartier : " Dans le commerce, bien représenter c'est tout à fait essentiel.

 Un employé qui se néglige, c'est de la honte pour ses patrons... Sur les chaussures, vous êtes jugés !... Ne pas faire pauvre pour les arpions ! "

 (Mort à crédit, Romans I, p.634).

 

De septembre 1910 à avril 1911, on retrouve le futur écrivain rue Royale, comme garçon de course chez le bijoutier Robert (le " Roger Puta " de Voyage au bout de la nuit), où il touche son premier salaire, trente francs par mois ! Et voilà le futur écrivain sillonnant le centre de Paris à pied afin d'économiser le prix du ticket de métro, paquet sous le bras pour livrer les commandes de son employeur.

 

 

 

A 16 ans il entra donc comme apprenti chez Robert qui était joaillier au 16 de la rue royale à l' angle de la rue du faubourg Saint Honoré (photo ci-dessus).

 

 A la fin de son premier emploi, l'adolescent semble donner satisfaction et, d'avril à octobre 1911, il est placé chez Wagner, (le " Gorloge " de Mort à crédit), bijoutier au 114 rue du Temple, au cœur du Marais, où il effectue peu ou prou, les mêmes déplacements, comme il le raconte : " Ça consistait à porter des marmottes et puis d'aller... les marmottes c'est des grosses caisses en cuir dans lesquelles on mettait les modèles, les modèles étaient en plomb, inutile de vous dire, alors on portait la marmotte de maison en maison, et je faisais, nous faisions de la rue du Temple à l'Opéra. On faisait toutes les bijouteries du boulevard avec la marmotte, et on se retrouvait, tous les placiers se retrouvaient sur les marches de L'Ambigu, vous savez, les marches qui descendent, là. On se retrouvait tous là, et on avait mal aux pieds parce que les chaussures... j'ai toujours eu mal aux pieds, moi. Parce qu'on changeait pas de chaussures souvent, alors les ongles étaient tordus, ils sont encore tordus, nom de Dieu ! à cause de ça, quoi. " (Jean Guénot, Jacques d'Arribehaude, in Céline et l'actualité littéraire, Paris, Gallimard,1976, p.164).
 Une fois de plus le jeune Ferdinand est un garçon sérieux, et un nouveau certificat de bonne conduite vient compléter la collection.  

 

 

 

 

 

 

Lacloche frères, bijoutier prospère, 15 rue de la Paix. à Paris.

 

 

Enfin, d'octobre 1911 à mai 1912, il est à nouveau pris comme apprenti chez Jacques Lacloche, bijoutier au 15 rue de la Paix.
Là, le travail du jeune homme change de dimension. Désormais payé 150 francs par mois, Louis-Ferdinand Destouches entre dans le " grand monde " de la profession.
 Joaillier prospère, les établissements Lacloche disposaient d'une clientèle de grand standing et le bijoutier avait des succursales un peu partout en France, dans les lieux de villégiature de l'aristocratie et de la grande bourgeoisie française. Rien à voir avec la clientèle du passage Choiseul ! 

 

 Une fois de plus, l'apprenti donne pleine satisfaction et, signe de la confiance qui lui est accordée, il est envoyé travailler à la succursale de Nice à partir de décembre

et jusqu'en mai 1912.

 

 
 
La flèche indique où se trouvait Lacloche à NIce au 6 avenue Masséna. 

 


DOUZE MÉTIERS, TREIZE MISÈRES

 

 

 Jacques Lacloche parle alors de l'embaucher : on imagine sans peine la fierté des parents. Une belle carrière pouvait s'ouvrir à lui ; cependant le commerce avec ses hiérarchies, ses obséquiosités et ses mesquineries quotidiennes, ne suscitent pas de vocation chez le fils Destouches, à lire les pages acerbes que l'écrivain a consacrées à ses anciens employeurs dans Voyage au bout de la nuit et dans Mort à crédit
 A la fin de sa vie, Céline n'hésitera pas à noircir encore cette période en forgeant une légende d'apprenti maltraité par ses employeurs avec cette formule : " douze métiers, treize misères ",  et faisant croire à ses interlocuteurs qu'il avait passé son bachot en révisant dans les toilettes à ses moments perdus...
 On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien . Comme l'a bien dit Céline, " une biographie, ça s'invente " ; et de sa tranquille jeunesse au passage Choiseul il n'y avait objectivement rien à tirer.
Une famille de petits bourgeois conformistes qui prennent soin de leur enfant unique, privilégié au regard de ce qui pouvait se passer en province et dans les milieux moins favorisés. C'est là qu'interviendra le génie de l'écrivain : transformer une banale jeunesse en épopée fantastique et hilarante. Ce sera chose faite en 1936 avec la parution de Mort à crédit, certainement son roman le plus extraordinaire - et le plus incompris à sa sortie.

 

Aujourd'hui paraît   MORT À CRÉDIT

 

Il y avait longtemps que les lettres françaises n'avaient retenti de pareils accents. Le roman de L.-F. Céline renoue avec la tradition mâle. La grande tradition du XVIe siècle.
 Il plonge droit dans la vie, il n'est même que vie brassée et rebrassée. L.-F. Céline s'y montre à la fois satiriste d'une verve et d'une vigueur incomparables, historien exact de l'avant-guerre et poète tragique, on pourrait même dire visionnaire à la manière des peintres flamands de la Renaissance.
Mort à crédit est le grand livre de l'époque. ( vol. 700 p. 25 fr. En vente partout. Envoi franco contre mandat ou remboursement ; Ed. Denoël et Steele, 19 rue Amélie, Paris.)


   L'Intransigeant, 14 et 15 mai 1936

 

 Mais nous n'en sommes pas encore là. En cette année 1912, on parle de carrière et de commerce avec une embauche chez Jacques Lacloche comme perspective. Toutefois, un obstacle se dresse devant ce beau projet : le service militaire, d'une durée de deux ans à l'époque ! Comme il est hors de question pour le rejeton d'une si honorable famille de s'y soustraire, autant accélérer les choses en devançant l'appel au moyen d'un engagement.

 Après avoir minutieusement pesé le pour et le contre, c'est finalement le 12e régiment de cuirassiers de Rambouillet qui est choisi. Un corps d'élite, qui s'était couvert de gloire

 

à Solférino puis à Reichshoffen au siècle précédent. Et puis un fils de bonne famille en grand uniforme de cuirassier, cela en impose !
 Le 28 septembre 1912, Louis-Ferdinand Destouches signe un engagement de deux ans à la mairie du IIe arrondissement de Paris. Le 3 octobre, il est incorporé à Rambouillet. 
 Après deux longues années de service militaire, c'est la déclaration de guerre et la mobilisation générale. Le cuirassier Destouches est envoyé sur la Marne avec son régiment. Il en reviendra couvert de gloire, mais blessé au bras, dégoûté à jamais de la guerre et des hommes. 
  (David Alliot, Le Paris de Céline, Editions Alexandrines, janvier 2017).

 

                         

                              NOUVELLES DE LA S.L.C.

 

 La Société des lecteurs de Céline (S.L.C.), perturbée comme bien d'autres associations par l'épidémie du Covid 19, n'avait pu réunir ses membres ni son Conseil d'administration depuis bientôt deux ans. 
 L'extraordinaire évènement crée par l'apparition des 6000 feuillets qui avaient été volés en 1944 lors du départ précipité de Céline et la première édition de " Guerre " par les Editions Gallimard, ont permis aux membres du C.A. de se retrouver, le 3 juin dernier pour une séance de travail suivie d'une visite groupée à la Galerie Gallimard, 30/32 rue de l'Université à Paris 7ième.   

 

 

A cette occasion, ils découvrirent plusieurs de ces feuillets extraits des liasses des manuscrits retrouvés, ceux de Guerre particulièrement mis en valeur, comme ceux de Londres, de Casse-pipe ou de La Volonté du roi Krogold.

 Des documents plus intimes (lettres, cartes postales, portraits, tirages d'époque...) tirés d'archives de l'écrivain, avec ses médailles militaires exposées comme le journal de marche de son régiment, des sources biographiques en lien entre Louis Destouches et ses parents, ont passionné tous ces céliniens réunis à Paris. 

 

 On reconnaît (de gauche à droite) : le professeur Jean Monnier venu des USA, Marc Van Dongen (Belgique), Valéria Ferretti (Italie), Marc Laudelout (Belgique), Gérard Silmo (France), Marc Hanrez (Belgique) et le président de la S.LC. Christian Mouquet (France).

 

                                             

                                             Parutions

 

           
           
CÉLINE DÉCADENT
       
        De Nietzsche à la mystique



 Céline a lu Nietzsche. Ce livre comble une lacune des études céliniennes : aucune monographie n'a jusqu'ici décrit précisément le rapport complexe que Céline a entretenu avec la pensée de Nietzsche.
Guidé par le fil conducteur de la décadence, le lecteur suit l'évolution de la pensée de Céline depuis un décadentisme fin de siècle jusqu'à une mystique noire dont l'antisémitisme est le culte.
  Céline prend ainsi place au sein d'une génération d'intellectuels européens, tous héritiers d'un dix-neuvième siècle marqué par des interprétations variées de Nietzsche.
  Grâce à de nombreuses études sur Céline ou Nietzsche écrites en allemand, et traduites ici pour la première fois, la 

 

confrontation des deux corpus permet de mieux comprendre les sources et les causes du décadentisme célinien.
· Date de publication : 2 mai 2022
·• 406 pages - 39,00 Euros
  Auteur : Timothée Pirard

 

                  PRÉSENT 

 

               JUIN-JUILLET 2022     

 
                  HORS SÉRIE 43

 

 

          CÉLINE

 

    " Y EN A QUE ÇA EMMERDE ? "

 

 

 

   UN HOMME DE GAUCHE QUE LA DROITE ADORE ?

 

 

   UN HOMME DE DROITE QUE LA GAUCHE AIME DÉTESTER ?

 

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